| Baptiste - Stéphane Bullion |
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samedi 6 juin 2015
jeudi 4 juin 2015
jeudi 28 mai 2015
Les Enfants du Paradis 28 mai - 6 juin 2015
Les Enfants du Paradis
Ballet en deux actes d'après le scénario de Jacques Prévert et le film de Marcel Carné
Musique - Marc-Olivier Dupin
Adaptation - François Roussillon et José Martinez
Chorégraphie - José Martinez
Décors - Ezio Toffolutti
Costumes - Agnès Letestu
Lumières - André Diot
Ballet de l'orchestre national de Paris
Direction musicale - Jean-François Verdier
Ballet créé pour le Ballet de l'Opéra de Paris le 21 octobre 2008
La description synoptique du ballet se trouve dans l'entrée sur le ballet de 2008 "Les enfants du paradis 21/10 - 8/11 2008"
Distribution de la première 28 mai 2015
Garance Laëtitia Pujol
Baptiste Mathieu Ganio
Frédérick Lemaitre Karl Paquette
Lacenaire Vincent Chaillet
Nathalie Muriel Zusperreguy
La ballerine Nolwenn Daniel
Le comte Benjamin Pech
Madame Hermine Stéphanie Romberg
Desdémone Charlotte Ranson
samedi 1 juin 2013
Les Enfants du Paradis, tournée au Japon mai-juin 2013
Les Enfants du Paradis
Ballet en deux actes d'après le scénario de Jacques Prévert et le film de Marcel Carné
Musique - Marc-Olivier Dupin
Adaptation - François Roussillon et José Martinez
Chorégraphie - José Martinez
Décors - Ezio Toffolutti
Costumes - Agnès Letestu
Lumières - André Diot
Nagoya Philarmonic Orchestra (May 25th & 26th, 2013 in Nagoya Aichi Art Centre)
Theater Orchestra Tokyo (May 30-31th & June 1st, 2013 in Tokyo Bunka Kaikan)
Direction musicale - Jean-François Verdier
Ballet créé pour le Ballet de l'Opéra de Paris le 21 octobre 2008
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| Stéphane Bullion - Agnès Letestu |
La description synoptique du ballet se trouve dans l'entrée sur le ballet de 2008 "Les enfants du paradis 21/10 - 8/11 2008"
mardi 26 juillet 2011
lundi 18 juillet 2011
Les Enfants du Paradis
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| Stéphane Bullion (solo de l'acte 2 au théâtre des Funambules) |
La luxuriance de l’histoire racontée par José Martinez fait apparaître des oasis dans lesquels il faut plonger pour découvrir des individus très bien caractérisés qui nourrissent de leur force la fresque grandiloquente. En cette période de créations souvent ascétiques et épurées, la mise en ballet du film de Marcel Carné joue sur la profusion et les couleurs chatoyantes des costumes d’Agnès Letestu en rajoutent sans doute un peu. Le ballet, plus que le film, met en exergue de multiples personnages dont l’importance se dilue un peu même si elle est intrinsèque à l’histoire.
Mettre en ballet ce film culte, est à double tranchant. Si la trame est solide, les images des acteurs, à une époque où l’excès de théâtralité était de mise, ayant marqué les rôles sont également très fortes. Elles laissent cependant une marge pour s’en écarter. Dans cet esprit, les danseurs qui abordaient dans cette série les rôles pour la première fois ont peut-être bénéficié de la distance prise avec le film pour cette première reprise. De fait, les distributions proposées en 2011 présentent des spectacles assez différents et le ballet narratif met parfaitement à l’honneur les choix interprétatifs de ses danseurs.
Le scénario tourne autour de la relation triangulaire, Baptiste/Garance/Nathalie parasitées par moment par trois hommes, Lacenaire, Frédérick et le Comte, pour mettre en exergue l’amour irréalisable de Baptiste et Garance, finalement en filigrane dans la peinture d’un monde et d’une époque. Le ballet s’appuie sur trois pantomimes de Baptiste rythment le cours de l’histoire. Celle où sauvant Garance de la police, il la séduit. Celle où il découvre la relation entre Garance et Frédérick qui provoque son rapprochement avec Nathalie et celle où il retrouve Garance une fois sa vie avec Nathalie établie.
En mêlant les styles chorégraphiques, José Martinez caractérise ses personnages de manière fine et parfois peu évidente. Baptiste le mime est le plus complexe. Singularité du double rôle, le mime Deburau et Baptiste l’idéaliste, la chorégraphie contemporaine qui lui est dévolue place définitivement le personnage dans un autre paradigme, où finalement, il rejoindrait le triste Lacenaire, son pendant version irrémédiablement sombre. Si le mime est terrien, l'amoureux s'élève et entre dans le jeu classique, quand il danse avec Garance ou Nathalie. Mais dans l'ensemble, face à l’éclat de Frédérick Lemaitre, la pureté des lignes du comte, Baptiste doit sortir son charme de son visage dans les mimes et du sol dans sa danse.
Mathieu Ganio qui a créé le rôle, présente un Baptiste linéaire, rêveur dans son mime comme dans la vie. Le personnage est simple, il se laisse porter par les événements, peu véhément lorsqu’il refuse l’amour de Nathalie, on comprend alors bien pourquoi il va lui céder, mais aussi peu incisif face à Garance, qu’il va naturellement laisser s’échapper. Il est vrai qu’Isabelle Ciaravola est une croqueuse d’homme qui irradie sur scène comme un diamant en plein soleil, laissant peu de place à qui la côtoie. Cela dit, il ne saisit pas vraiment sa chance non plus avec Ludmila Pagliero qu’il éteint même un peu alors que Stéphane Bullion, avec qui il avait la chance de la partager pour chacun une représentation, met beaucoup plus en valeur le dynamisme de son tempérament dans des interactions électriques.
Mathieu Ganio laisse alors l’impression d’un Baptiste asexué, qui même dans l’ultime pas de deux, ne voit guère plus qu’une image dans sa partenaire. Il s'applique à polir sa danse au plus haut point mais parfois met trop de fluidité lorsqu’il y aurait besoin d’épaisseur dramatique et de rendre les mouvements de l’ultime passion. Somme toute, lorsque Garance s’enfuie, on ne croit pas qu’il veut la rejoindre, il est tellement plus beau pour l'histoire qu'elle parte. Mais il n’avait pas beaucoup de chance avec Isabelle Ciaravola qui parcoure le ballet avec une joie de danser au premier acte et une classe unique dans le deuxième. A la différence de son Baptiste, son excellence théâtrale joue à plein et chaque pas est magnifié par sa flamboyante personnalité, débordant d’un charisme rare, même dans le malheur. A cet égard et paradoxalement, le pas de deux mortifère avec le comte de Christophe Duquenne est presque le moment le plus émouvant du ballet.
Stéphane Bullion a délibérément adopté le parti pris de dépeindre de manière différente Baptiste le mime et Baptiste l’amoureux. Autant l’un est affirmé et magistral, rayonnant sur scène et maître de son image, autant l’autre est timide, lunaire et fuyant, d'ailleurs ici aussi de diverses manières, dans ses rapports avec Garance comme avec Nathalie. Le visage professionnel du mime Deburau est l’incarnation de son succès, drôle et efficace, il domine la scène dans les pantomimes d’une subtilité étonnante. L’inverse d’un Baptiste d’évidence mal à l’aise dans le monde, terrorisé par la volonté des femmes qui l’entourent, la trop sérieuse Nathalie qui ne le fait pas rêver, et l’insouciante Garance, celle de Ludmila Pagliero, plus proche car plus amoureuse que celle d’Agnès Letestu, séductrice affirmée qui semble se jouer de lui. Son Baptiste pur incarne la sincérité, celle du doute dans la chambre de Garance au premier acte lorsqu’il la refuse mettant alors en exergue ses craintes et sa timidité, ou celle de la fougue et la violence des sentiments trop longtemps contenus dans le pas de deux de la seconde époque.
Au delà d’un personnage nourri de sentiments divers, Stéphane Bullion est puissamment impliqué dans la signification de sa danse, le solo de la colère terriblement ancré dans le sol mais perclus de sensualité ce qui lui donne son explosivité sensorielle. La colère chez lui est sentimentale, elle émane du corps autant que de l’esprit. Son Baptiste rêve à peine à ce que Garance lui cède, il cherche l’idéalisation de son amour. Cette ambigüité est d’autant plus flagrante avec la Garance d’Agnès Letestu qui cabotine au premier acte et ne semble avoir de regrets que sur elle-même dans le deuxième. Sa Garance, un rien égoïste, ne se pliera jamais à plus que de la nostalgie, alors que Ludmila Pagliero, plus en dialogue avec Baptiste, semble réellement pouvoir céder à la tentation de rester dans le dernier pas de deux qui la voit renaître à la joie. Stéphane Bullion, au summum de la fougue puis du désespoir dans sa variation voit Ludmila hésiter l’œil sincère, électrisée par les étincelles de joie qui précèdent, alors qu’Agnès semble désespérément déjà loin.
Bruno Bouché qui reprenait encore le rôle cette année s’inscrit plus dans la linéarité de Mathieu Ganio en marquant son personnage d’une touche infiniment triste et noire. C’est lui qui rend le Baptiste le plus malheureux de vivre, et cette tristesse se transmet dans son mime fataliste. La force dominante de sa caractérisation lui permet un peu de gommer une technique moins affirmée que ses deux collègues, même si l’aspect contemporain des chorégraphies de Baptiste correspond bien à son rapport très moderne au sol. On regrette un peu que sa partenaire ne le provoque pas plus dans ses retranchements, car Eve Grinsztajn semble également avoir abordé le rôle de manière aussi linéaire, les rapports entre les deux personnages manquant singulièrement de piment.
Clairemarie Osta retrouvait avec bonheur Stéphane Bullion après leur émouvant Caligula dans le rôle de Nathalie. Peut-être parce que ces deux danseurs sont de très fins acteurs et qu’une alchimie certaine les unie, c’est dans cette distribution qu’on a vu un choix délibéré de Baptiste vers une aimante Nathalie, voix de la raison, plutôt qu’une volage Garance. Le rôle essentiel mais néanmoins ingrat de Nathalie laisse en effet une ouverture dans l'interprétation que chacune des danseuses choisies ont saisi avec des accents différents. Muriel Zusperreguy et Mélanie Hurel et surtout Christelle Granier avec Mathieu Ganio, se sont en effet montrées plus incisives dans leurs démarches pour garder un Baptiste plutôt victime de leurs agissements que maître de ses choix.
Les aléas du sort n’ont offert que deux Frédérick Lemaître cette saison suite à la défection d’Alessio Carbone. Le rôle se voyant dévolu le show off purement classique, Florian Magnenet et Karl Paquette ont recueilli moult acclamations d'un public retrouvant ses marques, en particulier après une première époque célébrant un rien plus l'art dramatique que l'art de la danse.
Florian Magnenet a dévoilé ici un aspect comique de son talent qu’on ne lui connaissait pas dans le mime, mais il a également pu déployer son aisance technique à travers une danse impressionnante, grande et aérienne dans le ballet néo-classique avec ses ballerines, ténébreux ombrageux dans l'interacte d'Othello avec Charlotte Ranson et Pauline Verdusen, leste et agile avec la Garance d’Agnès Letestu.
Dans l’ensemble, ce sont les hommes de cette dernière qui semblent avoir fait la distribution la plus homogène. Vincent Chaillet a campé un Lacenaire étourdissant de duplicité avec une classe assez significative, dans la danse comme dans le jeu, alors que Yann Saïz s’est montré un comte digne et aimant, sans doute moins retors que dans le film, mais n’ayant rien à envier au modèle créé et brillamment repris par Christophe Duquenne. Sébastien Bertaud n’a eu qu’une occasion de peaufiner son Lacenaire cette année mais il l’a fait de manière très marquante, un Lacenaire sournois et volubile, à l’opposé de celui de Vincent Chaillet, mais non moins efficace à provoquer quelques actions clés du ballet.
La fin de série des Enfants du Paradis a vu les adieux officiels de deux figures du ballet de l'Opéra de Paris. Il n’y a pas vraiment de sens à commenter artistiquement les adieux de José Martinez, même si on annonce déjà qu'il va revenir danser la saison prochaine, pas plus que ceux de Miteki Kudo la veille, deux danseurs qui auront marqué leur génération. L'ambiance festive du carnaval qui scelle théâtralement l'échec de la relation entre Baptiste et Garance n'affectant que les amants, leur a permis de fouler la scène dans la joie sans laisser place à la nostalgie.
Mettre en ballet ce film culte, est à double tranchant. Si la trame est solide, les images des acteurs, à une époque où l’excès de théâtralité était de mise, ayant marqué les rôles sont également très fortes. Elles laissent cependant une marge pour s’en écarter. Dans cet esprit, les danseurs qui abordaient dans cette série les rôles pour la première fois ont peut-être bénéficié de la distance prise avec le film pour cette première reprise. De fait, les distributions proposées en 2011 présentent des spectacles assez différents et le ballet narratif met parfaitement à l’honneur les choix interprétatifs de ses danseurs.
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| Stéphane Bullion (Mime sur le boulevard du Temple - Acte 1) |
Le scénario tourne autour de la relation triangulaire, Baptiste/Garance/Nathalie parasitées par moment par trois hommes, Lacenaire, Frédérick et le Comte, pour mettre en exergue l’amour irréalisable de Baptiste et Garance, finalement en filigrane dans la peinture d’un monde et d’une époque. Le ballet s’appuie sur trois pantomimes de Baptiste rythment le cours de l’histoire. Celle où sauvant Garance de la police, il la séduit. Celle où il découvre la relation entre Garance et Frédérick qui provoque son rapprochement avec Nathalie et celle où il retrouve Garance une fois sa vie avec Nathalie établie.
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| Stéphane Bullion - Agnès Letestu (dans la pension de Madame Hermine - Acte 1) |
En mêlant les styles chorégraphiques, José Martinez caractérise ses personnages de manière fine et parfois peu évidente. Baptiste le mime est le plus complexe. Singularité du double rôle, le mime Deburau et Baptiste l’idéaliste, la chorégraphie contemporaine qui lui est dévolue place définitivement le personnage dans un autre paradigme, où finalement, il rejoindrait le triste Lacenaire, son pendant version irrémédiablement sombre. Si le mime est terrien, l'amoureux s'élève et entre dans le jeu classique, quand il danse avec Garance ou Nathalie. Mais dans l'ensemble, face à l’éclat de Frédérick Lemaitre, la pureté des lignes du comte, Baptiste doit sortir son charme de son visage dans les mimes et du sol dans sa danse.
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| Stéphane Bullion (solo de Baptiste dans la loge de Garance - Acte 1) |
Mathieu Ganio qui a créé le rôle, présente un Baptiste linéaire, rêveur dans son mime comme dans la vie. Le personnage est simple, il se laisse porter par les événements, peu véhément lorsqu’il refuse l’amour de Nathalie, on comprend alors bien pourquoi il va lui céder, mais aussi peu incisif face à Garance, qu’il va naturellement laisser s’échapper. Il est vrai qu’Isabelle Ciaravola est une croqueuse d’homme qui irradie sur scène comme un diamant en plein soleil, laissant peu de place à qui la côtoie. Cela dit, il ne saisit pas vraiment sa chance non plus avec Ludmila Pagliero qu’il éteint même un peu alors que Stéphane Bullion, avec qui il avait la chance de la partager pour chacun une représentation, met beaucoup plus en valeur le dynamisme de son tempérament dans des interactions électriques.
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| Isabelle Ciaravola (le carnaval - Acte 2) |
Mathieu Ganio laisse alors l’impression d’un Baptiste asexué, qui même dans l’ultime pas de deux, ne voit guère plus qu’une image dans sa partenaire. Il s'applique à polir sa danse au plus haut point mais parfois met trop de fluidité lorsqu’il y aurait besoin d’épaisseur dramatique et de rendre les mouvements de l’ultime passion. Somme toute, lorsque Garance s’enfuie, on ne croit pas qu’il veut la rejoindre, il est tellement plus beau pour l'histoire qu'elle parte. Mais il n’avait pas beaucoup de chance avec Isabelle Ciaravola qui parcoure le ballet avec une joie de danser au premier acte et une classe unique dans le deuxième. A la différence de son Baptiste, son excellence théâtrale joue à plein et chaque pas est magnifié par sa flamboyante personnalité, débordant d’un charisme rare, même dans le malheur. A cet égard et paradoxalement, le pas de deux mortifère avec le comte de Christophe Duquenne est presque le moment le plus émouvant du ballet.
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| Isabelle Ciaravola - Christophe Duquenne (chez le comte de Montray - Acte 2) |
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| Stéphane Bullion (sur le boulevard du Temple - Acte 1) |
Au delà d’un personnage nourri de sentiments divers, Stéphane Bullion est puissamment impliqué dans la signification de sa danse, le solo de la colère terriblement ancré dans le sol mais perclus de sensualité ce qui lui donne son explosivité sensorielle. La colère chez lui est sentimentale, elle émane du corps autant que de l’esprit. Son Baptiste rêve à peine à ce que Garance lui cède, il cherche l’idéalisation de son amour. Cette ambigüité est d’autant plus flagrante avec la Garance d’Agnès Letestu qui cabotine au premier acte et ne semble avoir de regrets que sur elle-même dans le deuxième. Sa Garance, un rien égoïste, ne se pliera jamais à plus que de la nostalgie, alors que Ludmila Pagliero, plus en dialogue avec Baptiste, semble réellement pouvoir céder à la tentation de rester dans le dernier pas de deux qui la voit renaître à la joie. Stéphane Bullion, au summum de la fougue puis du désespoir dans sa variation voit Ludmila hésiter l’œil sincère, électrisée par les étincelles de joie qui précèdent, alors qu’Agnès semble désespérément déjà loin.
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| Stéphane Bullion (devant la loge de Garance - Acte 2) |
Bruno Bouché qui reprenait encore le rôle cette année s’inscrit plus dans la linéarité de Mathieu Ganio en marquant son personnage d’une touche infiniment triste et noire. C’est lui qui rend le Baptiste le plus malheureux de vivre, et cette tristesse se transmet dans son mime fataliste. La force dominante de sa caractérisation lui permet un peu de gommer une technique moins affirmée que ses deux collègues, même si l’aspect contemporain des chorégraphies de Baptiste correspond bien à son rapport très moderne au sol. On regrette un peu que sa partenaire ne le provoque pas plus dans ses retranchements, car Eve Grinsztajn semble également avoir abordé le rôle de manière aussi linéaire, les rapports entre les deux personnages manquant singulièrement de piment.
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| Stéphane Bullion - Clairemarie Osta (au théâtre des funambules - Acte 1) |
Clairemarie Osta retrouvait avec bonheur Stéphane Bullion après leur émouvant Caligula dans le rôle de Nathalie. Peut-être parce que ces deux danseurs sont de très fins acteurs et qu’une alchimie certaine les unie, c’est dans cette distribution qu’on a vu un choix délibéré de Baptiste vers une aimante Nathalie, voix de la raison, plutôt qu’une volage Garance. Le rôle essentiel mais néanmoins ingrat de Nathalie laisse en effet une ouverture dans l'interprétation que chacune des danseuses choisies ont saisi avec des accents différents. Muriel Zusperreguy et Mélanie Hurel et surtout Christelle Granier avec Mathieu Ganio, se sont en effet montrées plus incisives dans leurs démarches pour garder un Baptiste plutôt victime de leurs agissements que maître de ses choix.
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| Stéphane Bullion-Agnès Letestu- Florian Magnenet (Pantomime l'amoureux de la lune - Acte 1) |
Florian Magnenet a dévoilé ici un aspect comique de son talent qu’on ne lui connaissait pas dans le mime, mais il a également pu déployer son aisance technique à travers une danse impressionnante, grande et aérienne dans le ballet néo-classique avec ses ballerines, ténébreux ombrageux dans l'interacte d'Othello avec Charlotte Ranson et Pauline Verdusen, leste et agile avec la Garance d’Agnès Letestu.
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| Desdémone - Pauline Verdusen (Othello) |
Dans l’ensemble, ce sont les hommes de cette dernière qui semblent avoir fait la distribution la plus homogène. Vincent Chaillet a campé un Lacenaire étourdissant de duplicité avec une classe assez significative, dans la danse comme dans le jeu, alors que Yann Saïz s’est montré un comte digne et aimant, sans doute moins retors que dans le film, mais n’ayant rien à envier au modèle créé et brillamment repris par Christophe Duquenne. Sébastien Bertaud n’a eu qu’une occasion de peaufiner son Lacenaire cette année mais il l’a fait de manière très marquante, un Lacenaire sournois et volubile, à l’opposé de celui de Vincent Chaillet, mais non moins efficace à provoquer quelques actions clés du ballet.
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| Stéphane Bullion - Vincent Chaillet (le bal chez le comte de Montray - Acte 2) |
La fin de série des Enfants du Paradis a vu les adieux officiels de deux figures du ballet de l'Opéra de Paris. Il n’y a pas vraiment de sens à commenter artistiquement les adieux de José Martinez, même si on annonce déjà qu'il va revenir danser la saison prochaine, pas plus que ceux de Miteki Kudo la veille, deux danseurs qui auront marqué leur génération. L'ambiance festive du carnaval qui scelle théâtralement l'échec de la relation entre Baptiste et Garance n'affectant que les amants, leur a permis de fouler la scène dans la joie sans laisser place à la nostalgie.
vendredi 15 juillet 2011
jeudi 14 juillet 2011
dimanche 3 juillet 2011
jeudi 30 juin 2011
Les Enfants du Paradis 30 juin-15 juillet 2011
Les Enfants du Paradis
Ballet en deux actes d'après le scénario de Jacques Prévert et le film de Marcel Carné
Musique - Marc-Olivier Dupin
Adaptation - François Roussillon et José Martinez
Chorégraphie - José Martinez
Décors - Ezio Toffolutti
Costumes - Agnès Letestu
Lumières - André Diot
Orchestre de l'Opéra national de Paris
Direction musicale Jean-François Verdier
Ballet créé pour le Ballet de l'Opéra de Paris le 21 octobre 2008
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| Stéphane Bullion |
La description synoptique du ballet se trouve dans l'entrée sur le ballet de 2008 "Les enfants du paradis 21/10 - 8/11 2008"
(Première du 29 juin 2011 annulée en raison d'une grève à l'Opéra national de Paris)![]() |
| Stéphane Bullion-Agnès Letestu |
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| Stéphane Bullion |
Garance Agnès Letestu
Baptiste Stéphane Bullion
Frédérick Lemaitre Florian Magnenet
Lacenaire Vincent Chaillet
Nathalie Clairemarie Osta
La ballerine Laura Hecquet
Le comte Yann Saïz
Madame Hermine Valentine Colasante
Desdémone Pauline Verdusen
vendredi 21 novembre 2008
Les Enfants du Paradis

Création à l'Opéra de Paris des Enfants du Paradis par José Martinez qui s'inspire ici du célèbre film. Tout en étant assez fidèle à la version connue, José Martinez sait condenser avec bonheur pour faire une histoire , certes toujours très nourrie et peut-être un peu difficile à lire lorsqu'on ne connaît pas le film, mais qui vit indépendamment de celui-ci. Cependant, c'est dans les rapports avec les images connues et l'atmosphère du film qu'il faut appréhender cette oeuvre car elle en porte les contraintes. La musique de Marc-Olivier Dupin est simple et populaire comme l'ambiance qu'elle restitue parfaitement. Plus luxueux et plus singuliers sont les costumes créés par Agnès Letestu délaissant son art pour la couture, et qui finalement donnent un cachet propre au ballet. Du film en noir et blanc qui figeait plutôt les visages, elle arrive à restituer des humeurs et des poses dans des tissus originaux ou classiques, selon les personnages.
Le ballet s'aventure également sur des terrains plus novateurs. Les baladins du théâtre des funambules acceuillent les spectateurs dans le grand escalier de l'opéra Garnier et à l'entracte, se déroule une mini représentation d'"Othello" avec Frederick Lemaitre dans ce même escalier.
Lacenaire dans l'opéra Garnier assiste à la représentation d'OthelloSébastien Bertaud
La chorégraphie de José Martinez fait appel à des références contemporaines pour la plupart, le ballet de Robert Macaire faisant le lien avec le classique plus traditionnel. Baptiste, s'il est la figure principale du ballet, danse peu, des soli très contemporains, et des pas de deux un peu plus familiers avec Nathalie et Garance. En revanche, comme dans le film, la première partie réserve deux mimes assez spectaculaires.
C'est peut-être Lacenaire qui se voit dévolu les plus beaux passages très contemporains, et notamment un solo introductif lors du vol de la montre très spectaculaire, ainsi que celui du Rouge-gorge, une fois que Garance est partie avec Baptiste. Dans le deuxième acte, il effectue un magnifique pas de deux avec le comte.
C'est peut-être Lacenaire qui se voit dévolu les plus beaux passages très contemporains, et notamment un solo introductif lors du vol de la montre très spectaculaire, ainsi que celui du Rouge-gorge, une fois que Garance est partie avec Baptiste. Dans le deuxième acte, il effectue un magnifique pas de deux avec le comte.
mardi 21 octobre 2008
Les Enfants du Paradis 21/10 - 8/11 2008

Les Enfants du Paradis
Ballet en deux actes d'après le scénario de Jacques Prévert
Musique - Marc-Olivier Dupin commande de l'Opéra national de Paris
Chorégraphie - José Martinez
Décors - Ezio Toffolutti
Costumes - Agnès Letestu
Lumières - André Diot
Ensemble orchestral de Paris, direction musicale Pablo Heras-Casado
Création mondiale
L'argument (source: www.operadeparis.fr)
Prologue
Une porte s’ouvre, on devine la silhouette d’un homme dans l’obscurité… Le comédien Jean-Louis Barrault revient sur le lieu du tournage, un studio fermé depuis des années. Sur l’estrade poussiéreuse, il retrouve la fleur rouge que Garance portait à son corsage…
Acte I - 1830 - Première époque
Scène 1 - Le boulevard du Temple
À l’ouverture des théâtres, une effervescence joyeuse règne sur le boulevard du Temple. Acrobates, jongleurs et bateleurs attirent la foule, où l’on distingue quelques personnages. Lacenaire, dandy sans scrupules, exerce en dilettante le métier d’écrivain public. Frédérick Lemaître songe à débuter sur les planches et tente de séduire la belle Garance. Mais elle poursuit son chemin, indifférente. Jéricho, marchand d’habits et receleur notoire, montre à Lacenaire un bijou qui devrait plaire à Garance. Marché conclu. Un attroupement se crée devant le Théâtre des Funambules, où la parade annonce le nouveau spectacle de pantomime, Les Dangers de la forêt vierge. Lacenaire profite de la situation pour subtiliser la montre d’un bourgeois, puis disparaît dans la foule. Garance, qui se trouve à côté de la victime, est accusée du vol et sitôt encadrée par les sergents de ville. Sur les tréteaux, Baptiste a tout vu. À la grande joie des badauds, il mime la scène qu’il vient de voir, innocentant Garance.
Scène 2 - Le théâtre des funambules
Dans les coulisses, Nathalie vêtue en Colombine, songe amoureusement à Baptiste. Elle est surprise dans sa rêverie par le marchand d’habits qui lui propose une robe de mariée. Baptiste les rejoint et chasse Jéricho. Nathalie croit que la fleur qu’il tient lui est destinée, mais elle comprend vite que ses pensées vont à une autre femme. Dans la salle, l’agitation gagne les spectateurs. Le spectacle tourne mal. L’acteur jouant le rôle du lion reçoit accidentellement un coup trop fort sur la tête. Il quitte aussitôt la scène en abandonnant son costume. Saisissant l’occasion, Frédérick Lemaître se glisse dans la peau du lion et improvise le rôle. Le public lui fait un triomphe. Baptiste également, qui l’applaudit avec admiration. Engagé sur le champ, Frédérick Lemaître part avec Baptiste fêter l’événement. En route, ils font halte chez la logeuse, Madame Hermine, qui tombe sous le charme de Frédérick.
Scène 3 - "Le Rouge-Gorge", un bal populaire
Baptiste et Frédérick entrent au "Rouge-Gorge". Bientôt très éméché, Frédérick flirte avec deux jolies filles. L’entrée de Garance au bras de Lacenaire fait sensation. Baptiste invite la jeune femme à danser, mais Avril, un complice de Lacenaire, s’interpose. Il saisit Baptiste et le pousse avec brutalité. Baptiste se relève, lui décroche un coup de talon qui le projette au sol, puis quitte le bal avec Garance. Tous deux se dirigent vers la pension de Madame Hermine. Sur l’indication du marchand d’habits, Lacenaire envoie ses complices qui rouent de coups un passant, le prenant pour Baptiste.
Scène 4 - La pension de Madame Hermine
Dans la chambre de Baptiste, Garance est prête à s’abandonner. Mais Baptiste hésite, doute de lui-même, et finit par s’en aller. Dans la chambre voisine, Frédérick use de son charme avec Madame Hermine. Il aperçoit Baptiste qui s’éloigne, laissant Garance désarçonnée. L’occasion est trop belle pour lui. Il rejoint Garance dans sa chambre. Madame Hermine réalise alors qu’il s’est moqué d’elle.
Scène 5 - L'amoureux de la lune
Au Théâtre des Funambules, le comte de Montray assiste avec ses amis à la représentation de L’Amoureux de la Lune, pantomime en deux actes de Baptiste Deburau, dans laquelle joue Garance. Baptiste est Pierrot. Il tombe amoureux de la statue de Phébé, déesse de la lune, qu’incarne Garance, juchée sur un piédestal dans un jardin. Il vient les bras chargés de fleurs, mais las de courtiser la belle indifférente, Pierrot s‘endort sur un banc. Survient Arlequin, qui n’est autre que Frédérick Lemaître. Les joyeuses mélodies de sa guitare éveillent l’âme de la statue qui prend vie. Arlequin s’empare du bouquet de fleurs de Pierrot et l’offre à Phébé, qui, séduite, descend de son socle et part avec lui. Pierrot se réveille abasourdi: sa bien-aimée s’est volatilisée. Le gardien du parc, voyant que la statue a disparu s’en prend à Baptiste. (Fin de la pantomime)… Rideau. A l’ouverture du rideau, on retrouve un Pierrot désemparé. Au loin, dans une embarcation se dessinent les silhouettes d’Arlequin et Phébé tendrement enlacés. Cette vision achève de désespérer Pierrot, qui décide de mettre fin à sa triste existence. Il tente d‘accrocher une corde à un arbre, lorsqu’une petite fille le tire par la manche: elle aimerait qu’il lui donne la corde pour s’amuser à sauter. La deuxième tentative de Pierrot sera contrariée par une lavandière (Nathalie), qui en a besoin pour mettre son linge à sécher. Pierrot regarde au lointain pour s’assurer qu’aucun autre fâcheux ne viendra à nouveau empêcher l’action fatale qu’il veut commettre. Soudain, le regard de Baptiste se fige. Il aperçoit dans les coulisses Frédérick qui embrasse Garance. La douleur s’inscrit sur son visage. Nathalie en est bouleversée.
Scène 6 - La loge de Garance
Garance et Frédérick se disputent au sujet de Baptiste. Contrarié, Frédérick s’en va. Entre à ce moment le comte de Montray, précédé d’un monumental bouquet de fleurs. Mais Garance refuse les fleurs et la protection que lui offre le comte. Elle n’est pas à vendre. Baptiste croise le comte qui s’en va tandis qu’il entre dans la loge, et de colère, saccage le bouquet. Garance voudrait l’apaiser et lui avouer les sentiments qu’elle éprouve pour lui, mais Nathalie, venue chercher Baptiste, ne le lui permet pas. Garance reste seule. Entre alors Madame Hermine, accompagnée de deux sergents de ville, qui viennent arrêter Garance pour un crime dont elle ignore tout. Garance réalise que la seule manière de se sortir de cette situation fâcheuse est de recourir à la protection du comte.
Quelques années plus tard… Garance vit avec le comte de Montray qui l’entretient. Baptiste a épousé Nathalie et ils ont un enfant. Frédérick Lemaître est devenu une «star» admirée par tous. Il interprète Othello. Devenu fou de jalousie, le Maure de Venise étrangle l’innocente Desdémone qu’il croit coupable de l’avoir trompé.
Scène 1 - Salle du grand théâtre, création de Robert Macaire
Première représentation de Robert Macaire, ballet virtuose où Frédérick Lemaître se distingue en « tirant la couverture » à lui au détriment du Corps de ballet.
Scène 2 - Chez le Comte de Montray
Dans son boudoir, Garance achève de se préparer pour sortir. La théâtreuse des boulevards est devenue une femme du monde raffinée. Pour le comte, qui a l’âme d’un collectionneur, elle est la plus belle de ses possessions. Mais Garance semble insensible au luxe qui l’entoure. N’a-telle pas choisi le comte pour éviter la prison ? Elle vit, depuis, dans une cage dorée. Garance se rend au théâtre pour assister à la représentation de Chand d’Habits, la nouvelle pantomime de Baptiste Deburau qui fait courir le Tout Paris. Elle laisse le comte seul face à son désarroi.
Scène 3 - Chand d'habits
Dans les coulisses des Funambules, Baptiste embrasse son enfant qu’il confie à Nathalie avant d’entrer en scène pour interpréter la pantomime Chand d’habits1. Pierrot a suivi une belle élégante qui se rend au bal, mais les laquais lui en interdisent l’entrée, car il n’a pas une tenue adéquate. Le marchand d’habits fait une apparition providentielle, mais Pierrot n’a pas d’argent. Le marchand ne veut rien entendre ; de désespoir, Pierrot le tue pour lui prendre le costume dont il a besoin pour aller au bal. Soudain, Baptiste aperçoit Garance dans le public et se fige. Le spectacle s’interrompt. Garance croise le regard de Baptiste et, troublée, quitte précipitamment le théâtre. Baptiste est accablé. Sa passion est plus forte que jamais. Il ne peut accepter de la perdre à nouveau. Il décide d’aller au bal que donne le comte en l’honneur de Garance.
Scène 4 - Le bal du Comte de Montray
Parmi les invités du comte, Lacenaire arrive, accompagné du marchand d’habits. Ce dernier n’est pas le bienvenu et le comte ordonne aux huissiers d’éconduire cet intrus. Lacenaire en est fortement vexé. Baptiste arrive à son tour et se trouve bientôt face à Garance. Se rendant compte de leur trouble réciproque, le comte demande à Garance de s’occuper de ses autres invités. Un peu plus tard, Garance et Baptiste se retrouvent et tombent dans les bras l’un de l’autre. Cependant Lacenaire, qui les observait, décide de ridiculiser le comte en dénonçant aux yeux de tous l’infidélité de Garance. Garance et Baptiste s’enfuient. Le comte, outré, fait expulser Lacenaire. Humilié, ce dernier jure de se venger de l’affront qu’il a subi.
Scène 5 - Meurtre du Comte, carnaval
Le comte s’est assoupi dans sa chambre en attendant le retour de Garance. Dans la pension de Madame Hermine, où ils sont enfin réunis, Baptiste et Garance connaissent leur première nuit d’amour. Lacenaire entre par effraction dans la chambre du comte. Armé d’un couteau, il tourne autour de sa proie endormie et la tue. Dans leur chambre, les amants se blottissent l’un contre l’autre. Apparaît le marchand d’habits, qui amène chez Madame Hermine Nathalie et son fils pour leur révéler la trahison de Baptiste. Devant la profonde douleur de Nathalie, Garance comprend qu’il est temps pour elle de partir. Mais Baptiste ne peut la laisser s’éloigner à nouveau et part à sa poursuite. Emportée par le tourbillon du Carnaval, elle ne se retourne pas et ne voit pas Baptiste qui tend désespérément les bras vers elle.
Épilogue
Les derniers feux du Carnaval s’estompent, laissant Baptiste à sa solitude. Jean-Louis Barrault quitte le studio, refermant derrière lui la porte de ses souvenirs.
Acte I - 1830 - Première époque
Scène 1 - Le boulevard du Temple
À l’ouverture des théâtres, une effervescence joyeuse règne sur le boulevard du Temple. Acrobates, jongleurs et bateleurs attirent la foule, où l’on distingue quelques personnages. Lacenaire, dandy sans scrupules, exerce en dilettante le métier d’écrivain public. Frédérick Lemaître songe à débuter sur les planches et tente de séduire la belle Garance. Mais elle poursuit son chemin, indifférente. Jéricho, marchand d’habits et receleur notoire, montre à Lacenaire un bijou qui devrait plaire à Garance. Marché conclu. Un attroupement se crée devant le Théâtre des Funambules, où la parade annonce le nouveau spectacle de pantomime, Les Dangers de la forêt vierge. Lacenaire profite de la situation pour subtiliser la montre d’un bourgeois, puis disparaît dans la foule. Garance, qui se trouve à côté de la victime, est accusée du vol et sitôt encadrée par les sergents de ville. Sur les tréteaux, Baptiste a tout vu. À la grande joie des badauds, il mime la scène qu’il vient de voir, innocentant Garance.
Scène 2 - Le théâtre des funambules
Dans les coulisses, Nathalie vêtue en Colombine, songe amoureusement à Baptiste. Elle est surprise dans sa rêverie par le marchand d’habits qui lui propose une robe de mariée. Baptiste les rejoint et chasse Jéricho. Nathalie croit que la fleur qu’il tient lui est destinée, mais elle comprend vite que ses pensées vont à une autre femme. Dans la salle, l’agitation gagne les spectateurs. Le spectacle tourne mal. L’acteur jouant le rôle du lion reçoit accidentellement un coup trop fort sur la tête. Il quitte aussitôt la scène en abandonnant son costume. Saisissant l’occasion, Frédérick Lemaître se glisse dans la peau du lion et improvise le rôle. Le public lui fait un triomphe. Baptiste également, qui l’applaudit avec admiration. Engagé sur le champ, Frédérick Lemaître part avec Baptiste fêter l’événement. En route, ils font halte chez la logeuse, Madame Hermine, qui tombe sous le charme de Frédérick.
Scène 3 - "Le Rouge-Gorge", un bal populaire
Baptiste et Frédérick entrent au "Rouge-Gorge". Bientôt très éméché, Frédérick flirte avec deux jolies filles. L’entrée de Garance au bras de Lacenaire fait sensation. Baptiste invite la jeune femme à danser, mais Avril, un complice de Lacenaire, s’interpose. Il saisit Baptiste et le pousse avec brutalité. Baptiste se relève, lui décroche un coup de talon qui le projette au sol, puis quitte le bal avec Garance. Tous deux se dirigent vers la pension de Madame Hermine. Sur l’indication du marchand d’habits, Lacenaire envoie ses complices qui rouent de coups un passant, le prenant pour Baptiste.
Scène 4 - La pension de Madame Hermine
Dans la chambre de Baptiste, Garance est prête à s’abandonner. Mais Baptiste hésite, doute de lui-même, et finit par s’en aller. Dans la chambre voisine, Frédérick use de son charme avec Madame Hermine. Il aperçoit Baptiste qui s’éloigne, laissant Garance désarçonnée. L’occasion est trop belle pour lui. Il rejoint Garance dans sa chambre. Madame Hermine réalise alors qu’il s’est moqué d’elle.
Scène 5 - L'amoureux de la lune
Au Théâtre des Funambules, le comte de Montray assiste avec ses amis à la représentation de L’Amoureux de la Lune, pantomime en deux actes de Baptiste Deburau, dans laquelle joue Garance. Baptiste est Pierrot. Il tombe amoureux de la statue de Phébé, déesse de la lune, qu’incarne Garance, juchée sur un piédestal dans un jardin. Il vient les bras chargés de fleurs, mais las de courtiser la belle indifférente, Pierrot s‘endort sur un banc. Survient Arlequin, qui n’est autre que Frédérick Lemaître. Les joyeuses mélodies de sa guitare éveillent l’âme de la statue qui prend vie. Arlequin s’empare du bouquet de fleurs de Pierrot et l’offre à Phébé, qui, séduite, descend de son socle et part avec lui. Pierrot se réveille abasourdi: sa bien-aimée s’est volatilisée. Le gardien du parc, voyant que la statue a disparu s’en prend à Baptiste. (Fin de la pantomime)… Rideau. A l’ouverture du rideau, on retrouve un Pierrot désemparé. Au loin, dans une embarcation se dessinent les silhouettes d’Arlequin et Phébé tendrement enlacés. Cette vision achève de désespérer Pierrot, qui décide de mettre fin à sa triste existence. Il tente d‘accrocher une corde à un arbre, lorsqu’une petite fille le tire par la manche: elle aimerait qu’il lui donne la corde pour s’amuser à sauter. La deuxième tentative de Pierrot sera contrariée par une lavandière (Nathalie), qui en a besoin pour mettre son linge à sécher. Pierrot regarde au lointain pour s’assurer qu’aucun autre fâcheux ne viendra à nouveau empêcher l’action fatale qu’il veut commettre. Soudain, le regard de Baptiste se fige. Il aperçoit dans les coulisses Frédérick qui embrasse Garance. La douleur s’inscrit sur son visage. Nathalie en est bouleversée.
Scène 6 - La loge de Garance
Garance et Frédérick se disputent au sujet de Baptiste. Contrarié, Frédérick s’en va. Entre à ce moment le comte de Montray, précédé d’un monumental bouquet de fleurs. Mais Garance refuse les fleurs et la protection que lui offre le comte. Elle n’est pas à vendre. Baptiste croise le comte qui s’en va tandis qu’il entre dans la loge, et de colère, saccage le bouquet. Garance voudrait l’apaiser et lui avouer les sentiments qu’elle éprouve pour lui, mais Nathalie, venue chercher Baptiste, ne le lui permet pas. Garance reste seule. Entre alors Madame Hermine, accompagnée de deux sergents de ville, qui viennent arrêter Garance pour un crime dont elle ignore tout. Garance réalise que la seule manière de se sortir de cette situation fâcheuse est de recourir à la protection du comte.
Entracte : La représentation d'Othello dans le grand escalier
Acte II - Deuxième époqueQuelques années plus tard… Garance vit avec le comte de Montray qui l’entretient. Baptiste a épousé Nathalie et ils ont un enfant. Frédérick Lemaître est devenu une «star» admirée par tous. Il interprète Othello. Devenu fou de jalousie, le Maure de Venise étrangle l’innocente Desdémone qu’il croit coupable de l’avoir trompé.
Scène 1 - Salle du grand théâtre, création de Robert Macaire
Première représentation de Robert Macaire, ballet virtuose où Frédérick Lemaître se distingue en « tirant la couverture » à lui au détriment du Corps de ballet.
Scène 2 - Chez le Comte de Montray
Dans son boudoir, Garance achève de se préparer pour sortir. La théâtreuse des boulevards est devenue une femme du monde raffinée. Pour le comte, qui a l’âme d’un collectionneur, elle est la plus belle de ses possessions. Mais Garance semble insensible au luxe qui l’entoure. N’a-telle pas choisi le comte pour éviter la prison ? Elle vit, depuis, dans une cage dorée. Garance se rend au théâtre pour assister à la représentation de Chand d’Habits, la nouvelle pantomime de Baptiste Deburau qui fait courir le Tout Paris. Elle laisse le comte seul face à son désarroi.
Isabelle Ciaravola et Christophe Duquenne
Scène 3 - Chand d'habits
Dans les coulisses des Funambules, Baptiste embrasse son enfant qu’il confie à Nathalie avant d’entrer en scène pour interpréter la pantomime Chand d’habits1. Pierrot a suivi une belle élégante qui se rend au bal, mais les laquais lui en interdisent l’entrée, car il n’a pas une tenue adéquate. Le marchand d’habits fait une apparition providentielle, mais Pierrot n’a pas d’argent. Le marchand ne veut rien entendre ; de désespoir, Pierrot le tue pour lui prendre le costume dont il a besoin pour aller au bal. Soudain, Baptiste aperçoit Garance dans le public et se fige. Le spectacle s’interrompt. Garance croise le regard de Baptiste et, troublée, quitte précipitamment le théâtre. Baptiste est accablé. Sa passion est plus forte que jamais. Il ne peut accepter de la perdre à nouveau. Il décide d’aller au bal que donne le comte en l’honneur de Garance.
Scène 4 - Le bal du Comte de Montray
Parmi les invités du comte, Lacenaire arrive, accompagné du marchand d’habits. Ce dernier n’est pas le bienvenu et le comte ordonne aux huissiers d’éconduire cet intrus. Lacenaire en est fortement vexé. Baptiste arrive à son tour et se trouve bientôt face à Garance. Se rendant compte de leur trouble réciproque, le comte demande à Garance de s’occuper de ses autres invités. Un peu plus tard, Garance et Baptiste se retrouvent et tombent dans les bras l’un de l’autre. Cependant Lacenaire, qui les observait, décide de ridiculiser le comte en dénonçant aux yeux de tous l’infidélité de Garance. Garance et Baptiste s’enfuient. Le comte, outré, fait expulser Lacenaire. Humilié, ce dernier jure de se venger de l’affront qu’il a subi.
Scène 5 - Meurtre du Comte, carnaval
Le comte s’est assoupi dans sa chambre en attendant le retour de Garance. Dans la pension de Madame Hermine, où ils sont enfin réunis, Baptiste et Garance connaissent leur première nuit d’amour. Lacenaire entre par effraction dans la chambre du comte. Armé d’un couteau, il tourne autour de sa proie endormie et la tue. Dans leur chambre, les amants se blottissent l’un contre l’autre. Apparaît le marchand d’habits, qui amène chez Madame Hermine Nathalie et son fils pour leur révéler la trahison de Baptiste. Devant la profonde douleur de Nathalie, Garance comprend qu’il est temps pour elle de partir. Mais Baptiste ne peut la laisser s’éloigner à nouveau et part à sa poursuite. Emportée par le tourbillon du Carnaval, elle ne se retourne pas et ne voit pas Baptiste qui tend désespérément les bras vers elle.
Mathias Heymann
Épilogue
Les derniers feux du Carnaval s’estompent, laissant Baptiste à sa solitude. Jean-Louis Barrault quitte le studio, refermant derrière lui la porte de ses souvenirs.
samedi 11 octobre 2008
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