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samedi 31 octobre 2020

Rudolf Noureev 6-28 octobre 2020


 

Casse-Noisette
Adage, Acte I
Musique - Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Dorothée Gilbert & Paul Marque

Cendrillon
Adage du Tabouret
Musique - Serguei Prokofiev
Florian Magnenet & Alice Renavand

Manfred
Solo
Musique - Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Mathias Heymann ou Francesco Mura

Casse-Noisette
Adage, Acte II
Musique - Piotr Ilyitch Tchaïkovski


La Belle au bois dormant
Pas de deux, Acte III
Musique - Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Léonore Baulac & Germain Louvet

Roméo et Juliette
Pas de deux du balcon
Musique - Serguei Prokofiev
Mathias Heymann ou Germain Louvet & Myriam Ould-Braham

Le Lac des cygnes
Pas de deux, Acte II
Musique - Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Amandine Albisson & Audric Bezard

Don Quichotte
Pas de deux, Acte III
Musique - Ludwig Minkus
Valantine Colasante & Francesco Mura

lundi 31 décembre 2018

jeudi 20 décembre 2018

Cendrillon 27 novembre 2018 - 2 janvier 2019

Cendrillon
Ballet en trois actes d'après le conte de Charles Perrault
Adaptation, chorégraphie et mise en scène - Rudolf Noureev
Musique - Serguei Prokofiev (1945)
Décors - Pétrika Ionesco
Costumes - Hanae Mori
Lumières - Guido Levi

Karl Paquette

mercredi 6 mars 2013

Hommage à Rudolf Noureev, 6 mars 2013


Hommage à Rudolf Noureev, Soirée de gala

Orchestre Colonne
Direction musicale - Fayçal Karoui
Projection photographique : Rudolf Noureev à l'Opéra national de Paris
Musique - Piotr Ilyitch Tchaikovsky (Polonaise, extrait de l'acte I du Lac des Cygnes)
Durée : 4 mn


Extraits de Ballets

Casse-Noisette
La marche des enfants, extrait de l'acte I, deuxième tableau
Pas de deux, extrait de l'acte I, cinquième tableau

Musique - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie (1985)  Rudolf Noureev
Costumes -  Nicholas Georgiadis

Les enfants des invités - Les élèves de l'école de danse
Les invités - Laura Bachman. Camille de Bellefon, Victoire Debay, Emma d'Humières, Hannah O'Neill
Axel Alvarez, Niccolo Balossini,  Germain Louvet, Hugo Marchand, Loïc Pireaux

Christophe Duquenne et Myriam Ould-Braham
Durée : 7 mn

La belle au bois dormant
Adage à la rose - pas de cinq, extrait de l'acte I
Musique - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie (1989) Rudolf Noureev d’après Marius Petipa
Costumes -  Franca Squarciapino

Aurélie Dupont avec Audric Bezard, Vincent Chaillet, Stéphane Phavorin et Yann Saïz
Durée : 7 mn

Cendrillon
Cendrillon
Pas de deux, extrait de l'acte II
Musique - Sergueï Prokofiev
Adaptation et chorégraphie (1986) Rudolf Noureev
Costumes -  Hanae Mori

Marie-Agnès Gillot et Florian Magnenet
Durée : 6 mn

Don Quichotte
Fandango et pas de deux extraits de l'acte III, scène 2
Musique - Ludwig Minkus
Arrangements -  John Lanchberry
Chorégraphie (1981)Rudolf Noureev
Costumes -  Elena Rivkina

Vincent Chaillet et Eve Grinsztajn  (Fandango)
Et Marion Barbeau, Laure-Adélaïde Boucaud, Fanny Gorse, Emma d'Humières, Lucie Fenwick, Miho Fujii, Amélie Joannidès, Lucie Mateci, Sae Eun Park,
Adrien Bodet, Yann Chailloux,  Vincent Cordier, Mathieu Contat, Cyril Chokroun, Mickaël Lafon, Florimond Lorieux, Pierre-Arthur Raveau,  Francesco Vantaggio

Ludmila Pagliero et Karl Paquette (Pas de deux)
Durée : 15 mn
Don Quichotte
Raymonda
Variation de Raymonda, extrait de l'acte III
Musique - Alexandre Glazounov
Chorégraphie (1983) Rudolf Noureev d’après Marius Petipa
Costume -  Nicholas Georgiadis

Isabelle Ciaravola
Durée : 3 mn

Raymonda
Le Lac des cygnes
Adage du pas de deux, extrait de l'acte II
Pas de trois du « cygne noir », extrait de l'acte III
Musique - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie (1984) Rudolf Noureev d’après Marius Petipa et Lev Ivanov
Costumes -  Franca Squarciapino

Emilie Cozette et Hervé Moreau (Adage)

Mathieu Ganio, Dorothée Gilbert et  Benjamin Pech (Pas de trois)
Durée : 15 mn

Roméo et Juliette
Pas de deux, extrait de l'acte l
Musique - Sergueï Prokofiev
Chorégraphie(1984) Rudolf Noureev
Costumes -  Ezio Frigerio, Mauro Pagano

Nicolas Le Riche et Laetitia Pujol
Durée : 9 mn

Roméo et Juliette
Manfred
variation du poète, extrait du quatrième tableau
Musique - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie (1979) Rudolf Noureev
Costume -  Nicholas Georgiadis

Mathias Heymann
Durée:4mn

La Bayadère
La Bayadère 
Les ombres, extraits de l'acte III
Musique - Ludwig Minkus
Arrangements - John Lanchberry
Chorégraphie (1992) Rudolf Noureev d’après Marius Petipa
Costumes - Franca Squarciapino

Stéphane Bullion et Agnès Letestu
Et
Laura Bachmann, Marion Barbeau, Camille de Bellefon, Aurélia Bellet, Laure-Adélaïde Boucaud, Marie-Solène Boulet, Héloïse Bourdon,  Alice Catonnet,  Lucie Fenwick, Mathilde Froustey, Miho Fujii, Claire Gandolfi, Marine Ganio, Daphnée Gestin, Fanny Gorse, Christelle Granier, Laura Hecquet, Emma d'Humières, Juliette Hilaire, Amélie Joannidès, Laurène Levy,  Lucie Mateci, Juliane Mathis, Hannah O'Neill, Caroline Osmont,  Sofia Parcen, Sae Eun Park, Aubane Philbert, Charlotte Ranson, Ninon Raux, Gwenaëlle Vauthier, Pauline Verdusen  
Durée : 20 mn


dimanche 1 janvier 2012

Cendrillon

Emilie Cozette
Concession au blockbuster annuel des fêtes, la série de Cendrillon a une nouvelle fois prouvé que même lorsque le ballet est traditionnel, qu’il raconte une histoire sans intérêt, que la créativité artistique n'est peut-être pas complètement au rendez-vous au plus haut niveau, le talent des danseurs peut faire passer n’importe quoi.  Ainsi, les héros de décembre auront été sans conteste les petits jeunes (ou pas) danseurs qui ont porté avec dignité et panache, le joli string bleu orné d’une fleur rose (à côté desquels le pyjama doré de l'Acteur-vedette et la robe mémé de Cendrillon ne sont que rigolade) des heures fatidiques de l'horloge condamnant impitoyablement chaque soir, comme une sorte de vengeance du sort hérité du costume designer, Cendrillon à son retour à la vie de souillon.

Dans ce Cendrillon où comme souvent dans les chorégraphie de Rudolf  Noureev de nombreux solistes sont sollicités pour leur brio technique et leur personnalité artistique, le ballet de l'Opéra de Paris a montré son savoir faire, tant dans les premiers rôles que pour un corps de ballet régénéré, notamment chez les danseurs qui sont ici pour une fois plus nombreux que les femmes. L'écriture musicale de Sergei Prokofiev est parfaitement exploitée par le chorégraphe et l'orchestre de l'Opéra sous la direction de Fayçal Karoui en a rendu toutes les nuances.

Agnès Letestu

En haut de l'affiche, Agnès Letestu s’est encore une fois imposée comme dominant incontestable la technique de la narration, imposant une héroïne cohérente et maîtrisant la progression dramatique de main de maître. Difficile de rajouter quoi que ce soit à l'impression de poésie qu'elle a produite dès le soir de la Première. C'est un rôle qu'elle connaît bien mais elle sait à chaque fois surprendre par la spontanéité de ses attitudes narratives.  De la souillon à l’amoureuse épanouie, tout concoure chez elle à porter l’histoire à travers une danse et des émotions justes et pleines de richesse à laquelle elle confère une touche de sa personnalité hors du commun. Elle habite  avec un naturel désarmant ce rôle qui, s'il n'est pas aussi poussif que dans les versions traditionnelles, n'est pas non plus la panacée.

Stéphane Bullion - Agnès Letestu

En contre point de sa Cendrillon triste et mélancolique mais volontiers ouverte à toutes les expériences tout en gardant les  yeux de l'innocence, le joli cœur électrique et déterminé de son Acteur-vedette Stéphane Bullion se présente au deuxième acte comme le parfait complément antithétique mais nécessaire à l’intérêt de la mince intrigue. Il cueille alors en un regard l'attention de la belle réalisée et tous les deux, ils emmènent les spectateurs dans l’histoire avec entrain, sincérité et une tendresse souvent touchante.
Avec une verve comique qu’il n’a pas souvent l’occasion de dévoiler –ce qui sans doute lui sert particulièrement- Stéphane Bullion impose un acteur vedette aux contrastes bien marqués dans les différentes situations du ballet, face aux sœurs, face à Cendrillon ou dans les variations de sa quête de l’amour disparu, un peu goguenard mais pas trop, un peu sceptique sans insister. Somme toute, il a su s’emparer de cette purge de Noël avec son talent dramatique habituel et une touche d'humour bienvenue.

Stéphane Bullion - Agnès Letestu

La même chose est valable pour Nicolas Le Riche qui n'avait pas dansé le rôle lors des dernières reprises, même si avant sa blessure, il s’était déjà montré un peu las et moins joueur, plus à l'aise dans la danse que dans le jeu. Il n’était, il est vrai, peut-être pas vraiment en adéquation avec la Cendrillon juvénile et glamour de Dorothée Gilbert au fort tempérament et semblait moins engagé dans la dérision, notamment lors des cavalcades avec ses amis, passages un peu limites dans la chorégraphie..
En revanche, Karl Paquette, qui lui a succédé auprès de cette dernière, avant de retrouver sa partenaire Emilie Cozette, avec son attitude plus passive face à l’histoire et face à ses Cendrillon assez différentes mais très à l'aise et plutôt scintillantes absorbe mieux tous les cas de figure. Emilie Cozette, très lyrique, lui fait un peu de l'ombre, mais tout en paraissant un peu dominé, il déroule un Acteur-vedette désinvolte et passe-partout qui remplit bien sa fonction, sorte de transmission de pouvoir entre l'acteur confirmé et la star naissante.

Dorothée Gilbert - Nicolas Le Riche

Florian Magnenet de son côté, s’inscrit lui aussi plus dans la verve comique initiée par Stéphane Bullion. Sa série exceptionnelle avec quatre partenaires différentes –Marie-Agnès Gillot comme prévu, puis Laëtitia Pujol en remplacement de Jérémie Bélingard et Aurélie Dupont pour suppléer à la défaillance de Josua Hoffalt, et enfin un sauvetage miracle le soir du 1er décembre en cours de représentation suite à la blessure sur scène de Nicolas Le Riche aux côtés de Dorothée Gilbert- lui a donné l’occasion de peaufiner un rôle qui le place au tout premier plan des interprètes les plus adéquates de ce ballet. Sa grande carrure le rend hilarant lorsqu'il est manipulé par les soeurs au deuxième acte alors que son regard mélancolique en fait un amoureux parfait dans les pas de deux.
Josua Hoffalt qui a pu assurer ses deux dernières représentations a semblé très engagé dans la comédie mais un peu raide dans la danse et le partenariat, sans doute pas vraiment remis de sa blessure.

Dorothée Gilbert - Florian Magnenet
Malgré des représentations de très haute tenue, la danse jouissive de Dorothée Gilbert ou la sophistication d’Aurélie Dupont dans le premier acte rendent difficile l’adhésion immédiate au personnage qu’Emilie Cozette et Agnès Letestu, avec justesse et douceur, installent d’entrée dans le cœur de l’histoire. Le début du ballet foisonne d'idées qui ne s'emboîtent pas toujours dans une fluidité évidente et une forte présence du trio Soeurs-Marâtre par exemple peut facilement écarter du personnage central si la danseuse ne semble pas à l'aise.

Marie-Agnès Gillot - Yann Saïz

A l’inverse, là où elle n’était pas attendue, Marie-Agnès Gillot, utilise son exceptionnelle personnalité pour faire de sa Cendrillon  une victime passive de sa situation familiale en donnant une naïveté populaire à son personnage. Grande fille mal dégourdie, elle apparaît désarmée et godiche face à ses sœurs et sa belle-mère bien agressives de manière à faire oublier que, si  elle pourrait les retourner d’une pichenette, l'idée ne lui vient même pas. Le deuxième acte est moins à son avantage, la petite fille émerveillée de Dorothée Gilbert qui touche le jackpot fait des merveilles, avec Florian Magnenet comme avec Karl Paquette, alors qu’Aurélie Dupont est tout à fait à son aise dans le monde du strass.

Aurélie Dupont - Josua Hoffalt

C’est sans doute un savant dosage de comique et de mélancolie qui permet de prendre un intérêt dans le ballet dans son ensemble, au-delà des pas de deux toujours un peu complexes, même si moins tarabiscotés que d’habitude chez Rudolf Noureev.
Dans la série des dévoués au comique, il est essentiel de retenir la formidable marâtre de Stéphane Phavorin.  Il réussit parfaitement à faire l’écart entre la belle-mère détestable du premier acte, la mère plutôt protectrice et ludique du deuxième, et la marâtre franchement comique de l'essai de pantoufle
Plus mesuré mains non moins drôle, Aurélien Houette se sort très bien de ce rôle ambigu où il faut flirter avec la méchanceté sans jamais tomber dans l’odieux et garder un zest de comique pour répondre à ses filles.

Stéphane Bullion - Christophe Duquenne - Stéphane Phavorin
second rang (de g à d) : Florimond Lorieux - Axel Ibot -  Bruno Bouché -  Pierre Rétif - Alexis Renaud




Mélanie Hurel et Ludmila Pagliero se sont imposées dans la même veine que leur mère Stéphane Phavorin, ce qui là aussi prend le contre-pied de leurs images de solides et sérieuses techniciennes. Sans abuser de la grimace, elles construisent des personnages qui par leur danse précise et décalée, provoquent le comique de situation parfait. Leur entente également tout à fait au point, dans la danse comme dans les attitudes, montre une osmose idéale qui offre de la légèreté même dans les passages redondants et un peu lassants.

Stéphane Bullion - Ludmila Pagliero

Dans les autres distributions, seule Alice Renavand a paru atteindre les mêmes cimes de drôlerie, mais plus dans les attitudes totalement outrancières de son personnage et son interprétation de la sœur bleue fera date, même si elle éclipse l'excellence de celle de Nolwenn Daniel, rendant le duo un peu moins efficace.


Stéphane Bullion - Christophe Duquenne - Mélanie Hurel
Chez les garçons de nouveau, Alessio Carbone et Christophe Duquenne dépeignent un Professeur,  très savoureux. Le Cendrillon de Rudolf Noureev  donne une jolie part à ce personnage qui parcoure les trois actes et prend toute son importance dans le deuxième. Alessio Carbone, charmeur italien devant l’éternel, prête souvent à rire par sa préciosité, Christophe Duquenne  confère un air de charme plutôt désuet et lyrique à son personnage et sa variation avec les pantoufles est une vraie réussite.

Yann Saïz

Reste le producteur charismatique de Yann Saïz, véritable maître de cérémonie de la soirée. Avec 17 soirées à son actif, un punch intact chaque soir, le cigare rivé à la bouche il emballe son film de l'histoire comme il anime le ballet, faisant de cette transformation de la bonne fée, une des vraies grandes réussites de la transposition de Noureev du conte de fée.

Stéphane Bullion - Agnès Letestu


vendredi 25 novembre 2011

Première de Cendrillon, 25 novembre 2011



Stéphane Bullion - Agnès Letestu

Début de saison plutôt en demi teinte après le Phèdre particulièrement daté, le Psyché excessivement pompier et une Source terriblement ennuyeuse, le ballet peut-être le moins réussi de Rudolf Noureev s'installe à l’opéra Bastille pour les fêtes de fin d’années. Il faut alors faire abstraction de l'histoire cul-cul, de la transposition empreinte d'obsessions à peine cachées, pas toujours de bon goût,  des costumes  plutôt ratés (encore!) et s'intéresser aux danseurs.  

Dans l’immensité de ce temple d’une froideur extrême, l’intérêt principal de cette Première se trouvait donc dans le mélange de générations dans certains duos comme dans le corps de ballet, ici un peu sous employé, même si on retrouve le style délirant et exigeant de virtuosité de Rudolf Noureev.

Pour la Première, l’opéra avait timidement inséré quelques prises de rôle au sein de l’artillerie lourde de la hiérarchie du ballet où il ne manquait que Mathias Heymann blessé, trois Etoiles et six Premiers danseurs prenant les choses en main.

Stéphane Bullion - Agnès Letestu - Christophe Duquenne
En tête d’affiche, le couple de majesté désormais établi Stéphane Bullion/ Agnès Letestu, avec l’Acteur-vedette en impétrant,  mais aussi le duo Mélanie Hurel/Ludmila Pagliero en Sœurs suscitaient intérêt et curiosité. Ils évoluaient  donc parmi les expérimentés Christophe Duquenne, professeur désabusé, Karl Paquette et Stéphane Phavorin dans les rôles du Producteur/fée et Marâtre.

Passé l’effet premier acte où la mise en histoire est un peu longue voire répétitive, c’est dans la déraison dérisoire d’Hollywood qu’entraîne Rudolf Noureev avec des tableaux plus réussis que d’autres, des touches d’humour ou de mauvais goût qui, somme toute, se perdent un peu dans l’esprit loufoque du ballet et ont le mérite de ne jamais durer.

Agnès Letestu

Le ton général du ballet pourtant est donné par Agnès Letestu qui joue  avec l’interprétation de manière étonnante. Ceux qui cherchent l'ambiance festive du conte de fée en seront pour leur frais. D’entrée Agnès Letestu  étale sa mélancolie, son regard perdu et sa danse cristalline consacrant le gris de sa vie. Elle ne s’enlumine que lors de son dialogue à claquettes avec le portemanteau, mais cela n’influe pas sur la tonalité morose de l’œuvre.

Malgré son costume de cendre qui se perd dans le fond du décor, elle vampe l’histoire et dirige l’ambiance par son aura mélancolique, ne frôlant heureusement  jamais la tristesse qui susciterait la victimisation. Les pics d’humour lancés par les conflits de famille, puis l’excellent Christophe Duquenne, n’en sont alors que plus mis en relief, recentrant constamment l’intérêt sur son personnage.

Ludmila Pagliero - Agnès Letestu - Mélanie Hurel (et Stéphane Phavorin)

Mélanie Hurel et Ludmila Pagliero forment un duo réussi aux pointes acérées dans de jolies prouesses techniques. Sans en faire trop, elles ont juste ce qu’il faut pour tenter constamment l’intervention drolatique de Stéphane Phavorin qui a su éviter le vulgaire parfois vu dans ce rôle. Karl Paquette en producteur, n’a pas grand-chose à faire si ce n’est prodiguer ses bienfaits.

Stéphane Bullion - Agnès Letestu

Au deuxième acte, Agnès Letestu passe le relais à un Stéphane Bullion, plein d’aplomb, acteur vedette pressé d’en finir avec les sœurs qu’il écarte poliment mais fermement. Un peu bougon sur le plateau lors des tentatives des jeunes filles,  à peine séducteur et plutôt charmé par l’apparition de Cendrillon, il s’épanouit au contact de la jeune fille plutôt intimidée au départ que présente Agnès Letestu.

Le duo n’en est que plus émouvant et l’on retrouve quelques touches surprenantes de la naïveté adolescente aux premiers émois chez ces deux géants. Stéphane Bullion n’est plus l’Acteur-vedette charismatique, mais le jeune homme intrigué.  Les yeux s’écartent alors, le cou se tend, l’amour le transforme. La musique de Prokofiev jouée avec une certaine mollesse  prend alors tout son relief et le duo de charme autour du tabouret reste un moment original d’une douceur et d’une sérénité absolue. 

Stéphane Bullion - Agnès Letestu

Le court troisième acte où la famille pénible se transforme en Espagnole, Chinoise et Russe, présente des danses de caractère plutôt bien agencées et assez roboratives dans la traditionnelle course à l’essai de pantoufle. Ludmila Pagliero en sensuelle Espagnole ne rend rien à Mélanie Hurel, Chinoise absolument envoûtante.

Stéphane Bullion - Ludmila Pagliero

Puis, de retour dans le « ciné-food »,  c’est l’essai en famille, la résignation de Cendrillon à dévoiler son secret à la vue de son prince, et le pas de deux magique du dernier acte. C’est convenu mais la danse est belle lors du dernier pas de deux. On fait enfin  abstraction des costumes plutôt tartes pour se laisser porter par les envolées lyriques de l’amour accompli. C’est quand même un conte de fée,  et même si le ballet n’a pas grand-chose à apporter, il est bien ficelé et il évite tout au moins le message misérabiliste et moraliste délivré habituellement.

Stéphane Bullion - Agnès Letestu


Distribution de la Première 25 novembre 2011

Cendrillon Agnès Letestu
L'Acteur-vedette Stéphane Bullion
Les Soeurs Mélanie Hurel/Ludmila Pagliero
La Marâtre Stéphane Phavorin
Le Producteur Karl Paquette
Le Professeur Christophe Duquenne


Stéphane Bullion - Agnès Letestu

Cendrillon 15 novembre-31 décembre 2011


Cendrillon
Ballet en trois actes d'après le conte de Charles Perrault
Adaptation, chorégraphie et mise en scène - Rudolf Noureev
Musique - Serguei Prokofiev (1945)
Décors - Pétrika Ionesco
Costumes - Hanae Mori
Lumières - Guido Levi

Stéphane Bullion - Agnès Letestu

Orchestre de l'Opéra de Paris
Direction musicale - Fayçal Karaoui
Production créée pour le Ballet de l'Opéra de Paris le 25 octobre 1986

La description synoptique du ballet se trouve dans l'entrée sur le ballet de 2007 Cendrillon 10 avril-11 mai 2007

Stéphane Bullion - Agnès Letestu

samedi 12 novembre 2011

Rencontre Cendrillon


Rencontre Cendrillon, Amphithéâtre Bastille, 12 novembre 2011
Avec Jérémie Bélingard et Laëtitia Pujol
Florence Clerc (répétitrice) et Andrea Turra (chef de chant)


samedi 5 mai 2007

Emilie Cozette étoile

Emile Cozette et Mathieu Ganio

mardi 10 avril 2007

Cendrillon 10 avril-11 mai 2007



Adaptation, chorégraphie et mise en scène - Rudolf Noureev
Musique - Serguei Prokofiev
Décors - Pétrika Ionesco
Costumes - Hanae Mori
Lumières - Guido Levi
Orchestre de l'Opéra de Paris
Direction musicale - Koen Lessels
Production créée pour le Ballet de l'Opéra de Paris en 1986


Cendrillon et le prince
Eleonora Abbagnato & Jérémie Bélingard


Argument
(source Opéra de Paris)
Acte I

I. Introduction
Hollywood, près de Los Angeles, dans les années 30.
2. Pas du châle
Un bar-buffet tenu par le père de Cendrillon. La patronne (sa seconde femme, qu'il a épousée après la mort de la mère de Cendrillon) et ses deux filles (qu'elle a eues d'un premier mariage) font de la couture. A l'écart se dent Cendrillon. Les deux sœurs se chamaillent.
3. Cendrillon
Cendrillon, restée seule, songe à une autre vie.
4. Le Père
Cendrillon tente d'arracher son père à la boisson, sous les moqueries de sa marâtre et de ses demi-sœurs. Celles-ci se font particulièrement agressives.
5. La Fée (ici le producteur de cinéma)
Un homme blessé (un accident qui a eu lieu dehors) se présente. Seule Cendrillon le fait asseoir et prend soin de lui. Il est, en fait, le producteur du film dans lequel les deux chipies ont décroché un bout de rôle. Mais c'est Cendrillon qui retient toute son attention.
6. Les robes neuves des sœurs
On amène les vêtements des sœurs qui doivent se rendre aux studios.


Le Professeur de danse
Christophe Duquenne

7. La leçon de danse
Un professeur de danse vient les faire répéter une dernière fois. Cendrillon les regarde avec envie.
8. Départ de la belle-mère et des sœurs pour le bal
Tout le monde parti, Cendrillon s'amuse à reproduire les pas de danse qu'elle a vus faire.
9. Cendrillon rêve du bal
Elle se revêt des habits de son père, restés accrochés au portemanteau.
10. Gavotte
Cendrillon se compose un personnage de cinéma.
11. Seconde apparition de la Fée 12. Fée de printemps/ 13 Fée d'été / 14. Sauterelles et libellules / 15. Fée d'automne /16. Fée d'hiver 
17. Le départ interrompu.
Le producteur vient chercher la jeune fille pour l'emmener sur les plateaux de cinéma. Il lui présente un défilé des collections de printemps, d'été, d'automne et d'hiver, pour qu'elle se choisisse une robe
18. L'horloge
Le mécanisme de l'horloge du plateau fait entendre douze coups. Le producteur met Cendrillon en garde : le temps passe vite, c'est maintenant -jeune et belle - qu'il faut faire du cinéma.
19. Départ de Cendrillon pour le bal
II l'enlève dans sa superbe limousine.

L'acteur vedette et ses amis, le réalisateur et son assistant
Julien Meyzindi, Bruno Bouché, Adrien Bodet, Mathieu Ganio, Florian Magnenet, Samuel Murez

ACTE II

20. Danse des courtisans
Sur les lieux de tournage. Le directeur de scène et son assistant se querellent.
21. Passepied
1er plateau : scène comique. Poursuivants / poursuivi : gardiens et prisonnier.
22. Danse des cavaliers
2e plateau : scène burlesque. Des messieurs déguisés en ballerines font assaut de légèreté.
25. Petite danse des courtisans (avancée ici de deux n°)
Plateau central : scène dramatique. King-Kong 1.
23. Variation de la première sœur (la maigre)
King-Kong 2 : des Tahitiennes dansent, sans se douter du danger qui les menacent.
24. Variation de la seconde soeur (la boulotte)
King-Kong 3 : les Indiens offrent les jeunes filles en sacrifice, au monstre.
26. Entrée du prince
Le producteur chasse tout le monde du plateau pour permettre à l'acteur-vedette de faire son entrée.
27. Danse des quatre compagnons du prince
La mère et ses deux filles essaient d'accaparer le beau jeune homme.
28. Mazurka
Le professeur de danse fait répéter le corps de ballet, l'acteur-vedette et les deux sœurs. Celles-ci ne se montrent guère douées.
29. Arrivée de Cendrillon au bal
Entourée d'une nuée de photographes, Cendrillon apparaît, telle une star.
30. Grande valse
L'acteur-vedette et Cendrillon font connaissance. On tourne les essais.

Le Producteur
Wilfried Romoli

31. Promenade

Le professeur de danse fait répéter Cendrillon pendant la pause syndicale du corps de ballet.
32. Danse de Cendrillon
Solo de Cendrillon.
33. Danse du prince
Solo de l'acteur-vedette.
34. Rafraîchissements pour les invités
Pause. On apporte à boire.
35. Duo des sœurs avec des oranges
S'emparant de trois oranges, chacune des sœurs se lance dans un périlleux solo pour se faire remarquer de l'acteur-vedette.
36. Duo de Cendrillon et du prince
Pas de deux : Cendrillon et l'acteur-vedette tombent amoureux l'un de l'autre.
37. Valse-coda
On tourne la scène, avec les rôles et la figuration.
38. Minuit
Aux douze coups de l'horloge, Cendrillon prend la fuite.

Les amis de l'acteur vedette

ACTE III
39. Le prince et les savetiers
L'acteur-vedette et tous les gens de la production cherchent Cendrillon.
40. Premier galop du prince
Ils décident de quadriller les boîtes de nuit.
41. Séduction
La taverne espagnole.
42. Deuxième galop du prince
Cendrillon ne s'y trouve pas. L'acteur-vedette et son escorte continuent les recherches.
43. Danse orientale
Le « bouge » chinois.
44. Troisième galop du prince
Le cabaret russe. Toujours rien.
45. Le réveil de Cendrillon
Revenue à la maison, Cendrillon se remémore les événements de la veille.
46. Le matin après le bal
Les sœurs se réveillent. La mère et le père rentrent.Tout recommence comme avant.
47. La visite du prince
La porte du bar-buffet s'ouvre : c'est l'acteur-vedette. Il tient à la main le soulier que la belle - à peine entrevue - a laissé dans sa fuite.
48. Le prince retrouve Cendrillon
L'acteur-vedette veut essayer le soulier aux deux sœurs, et aussi à la mère : elles n'arrivent pas à l'enfiler. Cendrillon apporte elle-même son second soulier.
49. Valse lente
L'acteur-vedette est tout à la joie d'avoir retrouvé celle qu'il aime.
50. Le prince et Cendrillon
Le producteur (mi-Pygmalion, mi-Diaghilev) en profite pour faire signer à Cendrillon son premier contrat.
Amoroso dans la vie, comme à l'écran : happy-end.

* Les numéros et les titres en gras sont ceux de la partition originale de Prokofiev. Les indications entre parenthèses renvoient à la présente version de Rudolf Noureev.
Les soeurs
Stéphanie Romberg & Laëtitia Pujol