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samedi 31 octobre 2015

Benjamin Millepied, Jerome Robbins, George Balanchine 25 septembre-11 octobre 2015



Clear, Loud, Bright, Forward
Musique - Nico Muhly
Chorégraphie - Benjamin Millepied
Scénographie - United Visual Artists
Lumières - Lucy Carter
Costumes - Iris Van Herpen
Création

Opus 19/ The Dreamer
Musique - Serguei Prokofiev (Concerto pour violon n°1 en ré majeur)
Direction musicale - Maxime Pascal
Chorégraphie - Jerome Robbins
Costumes - Ben Benson
Lumières - Mark Stanley
Entrée au répertoire

Thème et variations
Musique - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie - George Balanchine
Lumières - Mark Stanley
Ballet entré au répertoire du Ballet de l'Opéra de Paris le 24 juin 1993

Modestement, l'affiche Robbins/Millepied/Balanchine est devenue entre la présentation de la saison et la première, Millepied/Robbins/Balanchine (l'ordre de présentation hein!). Ainsi, le lancement de la saison du Paris City Ballet s'effectuait avec une triple bill assortissant une création insipide et deux vieilleries américaines familières du directeur du ballet.
Si Thème et Variations a ses vertus, il n'en est pas de même de Opus 19/The Dreamer de Jerome Robbins, un pensum, il faut le dire.
Inutile de revenir sur la création gentillette de Benjamin Millepied, déjà vue lors du gala d'ouverture et qui, malheureusement, ne gagne rien à être revue. 

Mathieu Ganio

Quelle idée de faire entrer au répertoire Opus 19/The Dreamer ? On comprend bien le clin d'oeil symbolique du directeur à son mentor new yorkais mais pourquoi cette pièce ? Sa malhabile esthétique balanchinienne  n'arrange rien, ni pour les solistes, ni pour le corps de ballet mal à l'aise. Mathieu Ganio s'en sort grâce à l'étonnante capacité qu'il a acquis ces dernières années à rêver sur scène alors qu'on ne lui confie souvent que des rôles ennuyeux. C'est lui qu'on admire et pas cette pièce désuète comme on peut le constater avec les autres solistes.
Pourquoi avoir choisi également Thème et Variations pour ouvrir la saison, lorsque les danseurs reviennent de congés et ne sont pas au top de leur niveau, alors que ce ballet ne requiert justement que de la virtuosité ? Peu de distributions sur le papier, encore plus réduites par la suite, des danseurs inadéquates, une oeuvre gâchée. 
Benjamin Millepied a fait sa saison en fonction de ses goûts, ce qui est tout à fait légitime,  mais il a également fait aussi fi de son potentiel humain qui, in fine, est incapable de réaliser ses ambitions.

Mathieu Ganio






jeudi 24 septembre 2015

Gala d'ouverture de la saison


La Première saison de Benjamin Millepied a commencé par un gigantesque faux pas. Le gala d’ouverture bling bling qui n’avait que peu à voir avec la danse et qui de plus réservait le Défilé du ballet à une élite, celle de l’argent et du pouvoir. 
Le Défilé, c’est le rendez-vous annuel des danseurs et des balletomanes, c’est un moment de communion unique presque fait pour célébrer ce rapport entre le danseur, ici dans son rôle de femme et d’homme, et le public qui va l’acclamer pour ce qu’il est. La relation affective entre le danseur et le balletomane s’exprime librement au cours du défilé. C‘est aussi une présentation organique de toute la compagnie et de l’école de danse à apprécier comme un objet d’art brut, le seul moment de l’année où tous les danseurs sont en scène en même temps. Cette saison, cette célébration unique n’a pas eu lieu.

Au-delà de cet échec relationnel, ce gala avait déjà bien mal commencé sur le papier du point de vue de la danse. On change la musique du Défilé, on supprime le Robbins de la triple affiche qui suivait au profit d’un battage médiatique de la création du directeur du ballet et du Balanchine qui précédaient le Défilé privatisé. D’office, on avait décidé de ne pas célébrer la danse mais le partying. Pour commencer, on invite des célébrités qui se font photographier devant un calicot, on reçoit la ministre et même le Président de la République, puis on expédie vite fait la danse pour souper et faire la fête. 

Est-ce pour ça d’ailleurs que la danse n’y fut pas très brillante, la création, Clear, Loud, Bright, Forward  tant médiatisée s’avérant quelconque, une chorégraphie sans véritable direction artistique et devenant bien vite ennuyeuse. Le Thème et Variations de Balanchine souffrait visiblement d’un manque de répétition. Benjamin Millepied avait très envie de célébrer sa nouvelle étoile, Laura Hecquet, mais voilà, elle n’est pas faite pour ce ballet. Elle court sans cesse derrière la musique, souvent à la limite du déséquilibre et terminant même sur une main sa première variation. Son partenaire Josua Hoffalt est un peu plus à l’aise mais il y a un je ne sais quoi de débonnaire dans son attitude sur scène qui laisse penser que ce n’est pas le style de danse dans lequel il s’épanouit et il se contracte avec une partenaire, un peu trop grande pour lui peut-être. Le Défilé enfin, la musique de Wagner est d’autant moins adaptée que le public n’est pas familier de cet exercice et le subit sans savoir quoi faire. Les danseurs défilent presque tristement alors que la musique de Berlioz habituellement utilisée les galvanise et les magnifie. Un triste jour pour le Ballet de l’Opéra de Paris