lundi 19 juillet 2010
Saison 2009-2010
Giselle
Jean Coralli et Jules Perrot (via Marius Petipa), version Patrice Bart et Eugène Polyakov
24 septembre-12 octobre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension - 28 septembre 2009 - Rencontre
Stéphane Bullion - Isabelle Ciaravola
7-22 novembre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension - 22 novembre 2009 - Répliques
Stéphane Bullion - Isabelle Ciaravola
Rencontre Répliques - Nicolas Paul
Michel Fokine, Vaslav Nijinski, Léonide Massine, Michel Fokine
12-31 décembre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension- Gala - Images
2 février-4 mars 2010, Opéra Garnier
Programme - 2 février 2010 - Recension
18 mars-11 avril 2010, Opéra Bastille
Programme - Recension - 31 mars 2010 - Rencontre
Stéphane Bullion - Alice Renavand - DVD Siddharta
21 avril-8 mai 2010, Opéra Garnier
Programme - Recension
17 mai-2 juin 2010, Opéra Garnier
Programme - Recension - Rencontre
Stéphane Bullion étoile
La Petite danseuse de Degas
Patrice Bart
29 juin-14 juillet 2010, Opéra Garnier
Programme
11 juin-15 juillet 2010, Opéra Bastille
Programme - Recension
Céline Talon
Jean Coralli et Jules Perrot (via Marius Petipa), version Patrice Bart et Eugène Polyakov
24 septembre-12 octobre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension - 28 septembre 2009 - Rencontre
Stéphane Bullion - Isabelle Ciaravola
Joyaux
George Balanchine
25-28 septembre 2009, Montpellier, Le Corum
25-28 septembre 2009, Montpellier, Le Corum
1-4 octobre 2009, Grenoble, MC2
21 octobre-18 novembre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension - Gil IsoartAmoveo / Répliques / Genus
Benjamin Millepied, Nicolas Paul, Wayne McGregor 7-22 novembre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension - 22 novembre 2009 - Répliques
Stéphane Bullion - Isabelle Ciaravola
Rencontre Répliques - Nicolas Paul
Casse-noisette
Rudolf Noureev d'après Marius Petipa et Lev Ivanov
11 décembre 2009-11 janvier 2010, Opéra Bastille
Karl Paquette étoile11 décembre 2009-11 janvier 2010, Opéra Bastille
Hommage aux Ballets russes
Le spectre de la rose/Après-midi d'un faune/Le Tricorne/Petrouchka Michel Fokine, Vaslav Nijinski, Léonide Massine, Michel Fokine
12-31 décembre 2009, Opéra Garnier
Programme - Recension- Gala - Images
La Dame aux camélias
John Neumeier 2 février-4 mars 2010, Opéra Garnier
Programme - 2 février 2010 - Recension
Siddharta
Angelin Preljocaj - DVD Siddharta 18 mars-11 avril 2010, Opéra Bastille
Programme - Recension - 31 mars 2010 - Rencontre
Stéphane Bullion - Alice Renavand - DVD Siddharta
Hommage à Jerome Robbins
En Sol/Triade/In the Night/Le Concert
Jerome Robbins, Benjamin Millepied21 avril-8 mai 2010, Opéra Garnier
Programme - Recension
La Bayadère
Rudolf Noureev d'après Marius Petipa 17 mai-2 juin 2010, Opéra Garnier
Programme - Recension - Rencontre
Stéphane Bullion étoile
La Petite danseuse de Degas
Patrice Bart
29 juin-14 juillet 2010, Opéra Garnier
Programme
Kaguyahime
Jiří Kylián 11 juin-15 juillet 2010, Opéra Bastille
Programme - Recension
Céline Talon
jeudi 15 juillet 2010
samedi 10 juillet 2010
Kaguyahime
Alice Renavand
En faisant entrer Kaguyahime avec une scénographie légèrement modifiée dans son répertoire, le ballet de l’Opéra de Paris s’ouvrait pour la fin de la saison une porte vers un nouvel exotisme du mouvement. Transporté dans un Japon de légendes, le spectateur oscille entre le décalage visuel d’une Kaguya éthérée, princesse lune aux sinuosités lentes et précises, le monde paysan chatoyant, dynamique, qui l’accueille, le monde citadin où souffle précipitation et violence, et la Cour de l’empereur, lente et majestueuse, empesée et dominatrice.
Prétendant
Stéphane Bullion
Kaguyahime est un spectacle total où la musique prend souvent le pas sur la chorégraphie. Jiří Kylián confie volontiers que l’idée du ballet lui vient de Maki Ishii, le compositeur et cela se voit. La chorégraphie est souvent drainée par les sonorités surpuissantes, les percussions se dressant comme maîtres de la scène, au propre comme parfois au figuré. Elle mixe aussi des sons traditionnels des joueurs de Gagaku, emblèmes de la princesse et de la Cour, du raffinement des mouvements de Kaguya à ceux de l’empereur dont la noirceur inquiétante, mais somme toute bienveillante, n’a d’égale que le doré de ses richesses, et les sonorités des tambours de Kodo qui rythment les évolutions exacerbées des villageois et des citadins. Un être à part, la princesse, évolue dans le souffle discret des sons graciles et épurés, alors que le monde terrestre prend plein pied dans le vacarme de la vie, ou de la singularité, le Mikado, Dieu vivant reliant les deux mondes.
Le Mikado
Stéphane Bullion
Le conte de l’enfant lunaire trouvé dans un bambou par un paysan qui l’élève et fait éclore la princesse de la Lune désirée par tous expose une philosophie de l’envie et de la possession à travers une violence physique ou morale à laquelle s’oppose un détachement, un repli intérieur. De son costume moulant qui la distingue, elle tire des mouvements non moins spécifiques et énigmatiques qui contrastent avec les autres danseurs et son chignon perlé qui dessine un visage sophistiqué s’oppose aux cheveux longs ou volants des paysannes.
Agnès Letestu
Au delà de cette mise en condition, les lumières qui mettent en exergue les évolutions de Kaguya sont toujours ambiguës et ne livrent pas forcément des clés. Elles soulignent largement les équilibres d’un être de passage alors que la gestuelle du haut du corps introduit le déplacement.
La Princesse est décalée dans sa danse comme dans son apparence et les seuls moments où elle semble goûter aux joies de ce monde, pendant la célébration d’une fête paysanne, sont brefs. Elle y est d’ailleurs plus spectatrice que participante. Comme étrange étrangère.
Alice Renavand
Alice Renavand en fait un mystère, une sorte de masque imperturbable qui communique ses états d’âme par son corps, sinueux, serein, violent ou circonspect ; Marie-Agnès Gillot en souffrance dès son apparition dans les bambous traverse le ballet un peu mécaniquement ; Agnès Letestu est la plus "autre", parlant souvent uniquement avec son regard perçant qui seul dévoile un peu sa position incongrue dans ce monde. Le visage est fermé et les éclats de lumière dévoilent ce qu’il reste lorsque les émotions ont disparu.
Agnès Letestu
La naissance tranquille de la légende sur son piédestal dans une demi-pénombre laisse les prétendants se vêtir pour leur exercice de conquête. C'est à la fois une ambiance, une entrée dans un monde, mais aussi une indication d'une gestuelle millimétrée, lente et réfléchie à l'extrême.
La préparation
Stéphane Bullion
Ces prétendants sympathiquement démonstratifs expriment en vain leur amour, en théorie s’appliquent à réaliser les défis imposés pour séduire la princesse, aux villageois simplement souriants, un environnement se construit autour de l’histoire. Les danseurs de la compagnie se succèdent presque anonymement dans ces rôles participatifs qui ne mettent en exergue qu’un style de danse énigmatique et envoûtant. Chacun cependant se personnifie dans une gestuelle qui lui est propre qui évolue dans le crescendo de la musique qui consacre le dernier refus de Kaguya, et ouvre vers le monde des villageois.
Prétendant
Nicolas Paul
Tout se finirait semble-t-il joyeusement si les noirs citadins dans une démonstration de force ne venaient perturber la fête, rivalité technique et parfois acrobatique, le challenge est tout autre que la séduction de la princesse. Sauts et puissance, vitesse et souplesse, tous les moyens sont bons pour prouver sa supériorité. Rivalité de virtuosités chez les danseurs. Les citadins agressifs surgissent sur scène alors que les villageois subtils du début se transforment en véritables tigres pour défendre leur protégée. Les tambours se déchaînent et emmènent cette démonstration au paroxysme de l'énergie en jouant eux-mêmes sur scène dans des halos de lumières qui finissent stroboscopiques.
Le combat
Stéphane Bullion
Au chaos ultime qui vient de se vivre, l'atmosphère sereine de la Cour se distingue. Mais la présence magique de l’Empereur ne modifie pas le destin de Kaguya qui est de repartir sur la Lune. Deux hommes accompagnent l'empereur pour tenter l'ultime séduction. Une chorégraphie à nouveau très différente de ce qui caractérisait les autres moments. Comme Kaguya, l'empereur possède une gestuelle précise qui le contient dans le hiératisme de sa fonction. Avec ses aides, il tente de s'imposer par le regard et dans une série de glissés plutôt que de portés. Un rôle effacé sur le plan de la danse mais capital du point de vue de la théâtralité, lui aussi en forme de rappel de la tradition japonaise et particulièrement magnifié par Stéphane Bullion.
Le Mikado et Kaguya
Stéphane Bullion - Marie-Agnès Gillot
Stéphane Bullion - Marie-Agnès Gillot
Instant de grâce surréelle, Kaguya hésite, se confronte au choix de l’attraction terrestre mais à l’appel de la lune, quitte l’empereur et son monde de contraintes.
Le pessimisme du thème du ballet qui chemine entre moments d’intensité et de recueillement se révèle une expérience très positive pour la réflexion dans la perspective de la pause estivale qui suit cette dernière œuvre de la saison. Elle laisse en tout cas un énorme sentiment de plaisir, sur scène où les danseurs les plus contemporanéistes de la compagnie se succèdent et parfois alternent dans des rôles aux accents anonymes. Ceux-ci sont pourtant tous d'un niveau de technicité et les danseurs les incarnent à merveille sans que la hiérarchie dévolue dans la compagnie n'ait d'emprise sur leur visibilité tant Kaguyahime est un ballet de groupe.
Les joueurs de Gagaku
Les joueurs de Kodo et de l'ensemble invité, les danseurs de l'Opéra de Paris
Merci à tous, à ces musiciens enthousiasmants, et à tous ces danseurs de l'Opéra de Paris de nous offrir une si belle conclusion à cette magnifique saison de ballet.
vendredi 9 juillet 2010
La Petite danseuse de Degas 29 juin-14 juillet 2010
La Petite Danseuse de Degas
Ballet en deux parties
Sujet de Martine Kahane et Patrice Bart
Musique originale - Denis Levaillant
Chorégraphie et mise en scène - Patrice Bart
Décors - Ezio Toffolutti
Costumes - Sylvie Skinazi
Lumières - Marion Hewlett
Assistante du chorégraphe - Claude De Vulpian
Orchestre de l'Opéra national de Paris
Direction Musicale - Koen Kessels
Ballet créé pour le ballet de l'Opéra de Paris le 23 avril 2003
TROISIÈME TABLEAU - L'ATELIER DE L'ARTISTE
Dans son atelier, l'artiste peint - de dos - (est-ce l'Homme en noir?). Les modèles se rhabillent. L'Abonné les attend patiemment pour les accompagner dans quelque autre endroit plus festif. Une statue encore inachevée trône au milieu de la pièce. Elle ressemble à une jeune fille, probablement une ballerine!
La Petite Danseuse, toujours accompagnée de sa Mère, découvre cet univers étrange. Fascinée, elle en explore les moindres recoins (elle n'en remarque pas moins la présence de l'Abonné, peut-être l'homme idéal...)
L'artiste fait poser la Petite Danseuse et la modèle.
Puis, aspirée à nouveau par son destin, elle est conduite sur la scène de l'Opéra, où quatre ballerines répètent leur variation pour le bal du soir.
QUATRIÈME TABLEAU LE GRAND BAL DE L'OPÉRA
Les invités se pressent autour du grand escalier. Le Tout-Paris se retrouve pour le Bal de l'Opéra. L'Abonné s'y distingue, assorti de quatre jeunes prétendantes, et se complaît en mondanités. L'Étoile et le Maître de ballet ouvrent le bal. Tout le monde s'arrête de danser pour admirer le divertissement de quatre danseuses.
La Petite Danseuse se met en quête de l'Abonné (remarqué plus tôt dans l'atelier de l'artiste) et décide de provoquer le sort. Elle va de couple en couple, semant le trouble parmi les invités. Enfin, elle le retrouve. Tout se fige alors et comme dans un rêve, elle l'attire à elle, entreprenant de le façonner tel qu'elle aimerait qu'il soit: l'homme idéal. Mais elle comprend que tout cela n'est qu'une illusion.
Le bal se disperse et la Petite Danseuse reste seule avec sa Mère.
ACTE II
PREMIER TABLEAU - LE MIROIR
La Petite Danseuse est assise dans un coin. La Mère est face à son miroir qui lui renvoie l'image de son double, reflet de sa vraie personnalité, ambitieuse et vénale. Comme possédée, la Mère emporte alors sa fille au cabaret.
DEUXIÈME TABLEAU - AU CABARET «LE CHAT NOIR»
Gens de la rue et gens du monde s'encanaillent. L'Homme en noir est aussi présent. Sous la houlette d'une chanteuse de «caf'conc' » meneuse de revue, des danseuses de cancan se déhanchent, entraînant serveurs et musiciens. L'Abonné est aussi un habitué des lieux. La Petite Danseuse décide une nouvelle fois de le séduire. Sous le regard complice de sa mère, elle l'aguiche. D'abord maladroite, elle se laisse ensuite prendre au jeu, et, dans un excès soudain, lui subtilise son portefeuille.
Mais l'Abonné la prend sur le fait et la dénonce. La confusion s'installe. La Petite Danseuse, devenue voleuse, est arrêtée.
TROISIÈME TABLEAU - LA PRISON SAINT-LAZARE
Dans une cellule, la Petite Danseuse se désespère. En proie à des hallucinations, elle est confrontée en songe à l'image double de sa mère, instrument de son malheur.
La Danseuse étoile, vient alors la délivrer de son emprisonnement et de la malédiction maternelle. L'entraînant dans son sillage, elle lui montre à nouveau sa voie, mais le destin en décide autrement...
QUATRIÈME TABLEAU - LES BLANCHISSEUSES
Désavouée par l'Opéra, la Petite Danseuse sera désormais blanchisseuse. Elle bat le linge entourée d'autres jeunes filles, qui, toutes de blanc vêtues, vont et viennent dans la buée épaisse. La Petite Danseuse s'évade de son travail par le rêve. Elle veut échapper à son misérable sort. Devenues figures fantomatiques, les blanchisseuses tentent de la retenir dans leurs draps, pareils à des linceuls, tandis que la Petite Danseuse espère la venue salvatrice de l'Étoile et du Maître de ballet.
ÉPILOGUE
La Petite Danseuse est seule lorsque surgit derrière elle l'Homme en noir. Rattrapée par son destin, elle ne peut plus lui échapper. Celui-ci, tel un sculpteur, lui rend sa forme première de statue et la remet à sa place dans la vitrine. Délivrée de sa condition humaine, la Petite Danseuse, devenue œuvre d'art, est immortelle.
Ballet en deux parties
Sujet de Martine Kahane et Patrice Bart
Musique originale - Denis Levaillant
Chorégraphie et mise en scène - Patrice Bart
Décors - Ezio Toffolutti
Costumes - Sylvie Skinazi
Lumières - Marion Hewlett
Assistante du chorégraphe - Claude De Vulpian
Orchestre de l'Opéra national de Paris
Direction Musicale - Koen Kessels
Ballet créé pour le ballet de l'Opéra de Paris le 23 avril 2003
La Petite danseuse
Clairemarie Osta
Clairemarie Osta
Argument (source: Programme Opéra national de Paris)
PROLOGUE - LA VITRINE DU MUSÉE
La Petite Danseuse est immobile dans la vitrine du musée. Les personnages qui ont influencé son existence apparaissent: sa Mère, la Danseuse étoile, le Maître de ballet, l'Abonné, et l'Homme en noir.
Ils la ramènent peu à peu à la vie et racontent son histoire.
ACTE I
PREMIER TABLEAU - PLACE BRÉDA, À PARIS
Au lever du jour, la vie de la rue s'anime et, avec elle, son cortège de petits métiers: lingères, fleuristes, vendeurs de journaux, vitriers, garçons boucher, mitrons... mêlés aux fêtards attardés et aux prostituées qui attendent le dernier client. Conduite par sa Mère, la Petite Danseuse se rend, comme tous les jours, à l'Opéra pour suivre son cours de danse.
DEUXIÈME TABLEAU - À L'OPÉRA, DANS UNE CLASSE DE DANSE
Sous la surveillance de leurs mères - les tricoteuses, assises autour du poêle à charbon -, les danseuses travaillent à la barre les exercices quotidiens sous la direction du Maître de ballet. Un violoniste accompagne le cours. Les abonnés, habitués des coulisses de l'Opéra et «amateurs» de petits rats, assistent également à la classe.
La Danseuse étoile fait son entrée.
Les élèves l'admirent, la Petite Danseuse rêve alors qu'elle pourrait être, elle aussi, une étoile. La Mère la rappelle à la réalité: loin de l'idéal romantique, l'argent impose aussi ses exigences. La classe reprend. Le Maître de ballet poursuit sa leçon et montre les pas. Le cours terminé, les élèves se dispersent, et le Maître de ballet reste seul avec l'Etoile. Tous deux répètent une variation sous le regard admiratif de la Petite Danseuse, dissimulée dans un coin de la classe. Transportée, elle sort de sa cachette et se joint à eux.
L'Étoile, objet des fantasmes de la Petite Danseuse, lui montre sa voie. L'Homme en noir, projection symbolique de sa destinée, apparaît à son tour et tente de saisir la Petite Danseuse qui lui échappe et se retrouve dans l'atelier de l'artiste.
La Petite Danseuse est immobile dans la vitrine du musée. Les personnages qui ont influencé son existence apparaissent: sa Mère, la Danseuse étoile, le Maître de ballet, l'Abonné, et l'Homme en noir.
Ils la ramènent peu à peu à la vie et racontent son histoire.
ACTE I
PREMIER TABLEAU - PLACE BRÉDA, À PARIS
Au lever du jour, la vie de la rue s'anime et, avec elle, son cortège de petits métiers: lingères, fleuristes, vendeurs de journaux, vitriers, garçons boucher, mitrons... mêlés aux fêtards attardés et aux prostituées qui attendent le dernier client. Conduite par sa Mère, la Petite Danseuse se rend, comme tous les jours, à l'Opéra pour suivre son cours de danse.
Le maître de ballet
Vincent Chaillet
DEUXIÈME TABLEAU - À L'OPÉRA, DANS UNE CLASSE DE DANSE
Sous la surveillance de leurs mères - les tricoteuses, assises autour du poêle à charbon -, les danseuses travaillent à la barre les exercices quotidiens sous la direction du Maître de ballet. Un violoniste accompagne le cours. Les abonnés, habitués des coulisses de l'Opéra et «amateurs» de petits rats, assistent également à la classe.
La danseuse étoile
Emilie Cozette
La Danseuse étoile fait son entrée.
Les élèves l'admirent, la Petite Danseuse rêve alors qu'elle pourrait être, elle aussi, une étoile. La Mère la rappelle à la réalité: loin de l'idéal romantique, l'argent impose aussi ses exigences. La classe reprend. Le Maître de ballet poursuit sa leçon et montre les pas. Le cours terminé, les élèves se dispersent, et le Maître de ballet reste seul avec l'Etoile. Tous deux répètent une variation sous le regard admiratif de la Petite Danseuse, dissimulée dans un coin de la classe. Transportée, elle sort de sa cachette et se joint à eux.
L'Étoile, objet des fantasmes de la Petite Danseuse, lui montre sa voie. L'Homme en noir, projection symbolique de sa destinée, apparaît à son tour et tente de saisir la Petite Danseuse qui lui échappe et se retrouve dans l'atelier de l'artiste.
La danseuse étoile
Emilie Cozette
TROISIÈME TABLEAU - L'ATELIER DE L'ARTISTE
Dans son atelier, l'artiste peint - de dos - (est-ce l'Homme en noir?). Les modèles se rhabillent. L'Abonné les attend patiemment pour les accompagner dans quelque autre endroit plus festif. Une statue encore inachevée trône au milieu de la pièce. Elle ressemble à une jeune fille, probablement une ballerine!
La Petite Danseuse, toujours accompagnée de sa Mère, découvre cet univers étrange. Fascinée, elle en explore les moindres recoins (elle n'en remarque pas moins la présence de l'Abonné, peut-être l'homme idéal...)
L'Artiste et la Petite danseuse
Yann Bridard - Mélanie Hurel
L'artiste fait poser la Petite Danseuse et la modèle.
Puis, aspirée à nouveau par son destin, elle est conduite sur la scène de l'Opéra, où quatre ballerines répètent leur variation pour le bal du soir.
QUATRIÈME TABLEAU LE GRAND BAL DE L'OPÉRA
Les invités se pressent autour du grand escalier. Le Tout-Paris se retrouve pour le Bal de l'Opéra. L'Abonné s'y distingue, assorti de quatre jeunes prétendantes, et se complaît en mondanités. L'Étoile et le Maître de ballet ouvrent le bal. Tout le monde s'arrête de danser pour admirer le divertissement de quatre danseuses.
La Petite Danseuse se met en quête de l'Abonné (remarqué plus tôt dans l'atelier de l'artiste) et décide de provoquer le sort. Elle va de couple en couple, semant le trouble parmi les invités. Enfin, elle le retrouve. Tout se fige alors et comme dans un rêve, elle l'attire à elle, entreprenant de le façonner tel qu'elle aimerait qu'il soit: l'homme idéal. Mais elle comprend que tout cela n'est qu'une illusion.
Le bal se disperse et la Petite Danseuse reste seule avec sa Mère.
La Petite danseuse et l'Abonné
Mélanie Hurel - Yann Saïz
ACTE II
PREMIER TABLEAU - LE MIROIR
La Petite Danseuse est assise dans un coin. La Mère est face à son miroir qui lui renvoie l'image de son double, reflet de sa vraie personnalité, ambitieuse et vénale. Comme possédée, la Mère emporte alors sa fille au cabaret.
La chanteuse de Caf'Conc et un serveur
Stéphanie Romberg - Fabien Révillion
DEUXIÈME TABLEAU - AU CABARET «LE CHAT NOIR»
Gens de la rue et gens du monde s'encanaillent. L'Homme en noir est aussi présent. Sous la houlette d'une chanteuse de «caf'conc' » meneuse de revue, des danseuses de cancan se déhanchent, entraînant serveurs et musiciens. L'Abonné est aussi un habitué des lieux. La Petite Danseuse décide une nouvelle fois de le séduire. Sous le regard complice de sa mère, elle l'aguiche. D'abord maladroite, elle se laisse ensuite prendre au jeu, et, dans un excès soudain, lui subtilise son portefeuille.
Mais l'Abonné la prend sur le fait et la dénonce. La confusion s'installe. La Petite Danseuse, devenue voleuse, est arrêtée.
La mère, la Petite danseuse et l'Abonné
Nolwenn Daniel - Mélanie Hurel - Yann Saïz
TROISIÈME TABLEAU - LA PRISON SAINT-LAZARE
Dans une cellule, la Petite Danseuse se désespère. En proie à des hallucinations, elle est confrontée en songe à l'image double de sa mère, instrument de son malheur.
La Danseuse étoile, vient alors la délivrer de son emprisonnement et de la malédiction maternelle. L'entraînant dans son sillage, elle lui montre à nouveau sa voie, mais le destin en décide autrement...
Les blanchisseuses
QUATRIÈME TABLEAU - LES BLANCHISSEUSES
Désavouée par l'Opéra, la Petite Danseuse sera désormais blanchisseuse. Elle bat le linge entourée d'autres jeunes filles, qui, toutes de blanc vêtues, vont et viennent dans la buée épaisse. La Petite Danseuse s'évade de son travail par le rêve. Elle veut échapper à son misérable sort. Devenues figures fantomatiques, les blanchisseuses tentent de la retenir dans leurs draps, pareils à des linceuls, tandis que la Petite Danseuse espère la venue salvatrice de l'Étoile et du Maître de ballet.
L'homme en noir et la Petite danseuse
Yann Bridard - Mélanie Hurel
La Petite Danseuse est seule lorsque surgit derrière elle l'Homme en noir. Rattrapée par son destin, elle ne peut plus lui échapper. Celui-ci, tel un sculpteur, lui rend sa forme première de statue et la remet à sa place dans la vitrine. Délivrée de sa condition humaine, la Petite Danseuse, devenue œuvre d'art, est immortelle.
vendredi 11 juin 2010
Kaguyahime 11 juin-15 juillet 2010
Kaguyahime
Musique (1985) - Maki Ishii
Chorégraphie (1988) - Jiří Kylián
Scénographie et lumières - Michael Simon
Costumes - Ferial Simon, Joke Visser
Kodo, Gagaku et ensemble de percussions invité
Direction musicale - Michael de Roo
Entrée au répertoire
Kaguyahime
Marie-Agnès Gillot
Argument (source : Programme Opéra national de Paris)
PREMIÈRE PARTIE
Un coupeur de bambou découvre une minuscule créature d'une beauté radieuse dans une tige de bambou. Sous le charme, il la ramène chez lui et l'élève comme sa propre fille. Elle devient rapidement une splendide jeune femme courtisée en vain par de nombreux prétendants.
Un coupeur de bambou découvre une minuscule créature d'une beauté radieuse dans une tige de bambou. Sous le charme, il la ramène chez lui et l'élève comme sa propre fille. Elle devient rapidement une splendide jeune femme courtisée en vain par de nombreux prétendants.
Kaguyahime
Marie-Agnès Gillot
Parmi eux, cinq jeunes hommes ne se découragent pas. Elle leur confie à chacun une mission impossible à accomplir. Leur échec la préserve d'une union avec l'un d'entre eux.
Les Villageois
Scène 1. Descente de Kaguyahime, scène 2. Les prétendants, scène 3. La célébration, scène 4. Le combat
Le Mikado
Stéphane Bullion
Des rixes éclatent entre les nobles et les villageois. Cette soudaine flambée de violence parvient aux oreilles de l'Empereur, le Mikado. Pour comprendre la cause de ces troubles, il veut rencontrer Kaguyahime. Profondément touché par sa beauté, il lui demande de venir vivre dans son palais.
Elle décline l'offre et lui explique qu'elle vient de la Lune et que son temps sur terre est compté. Lors de la prochaine pleine Lune, elle devra repartir. Le Mikado n'accepte pas cette issue et ordonne à sa garde de prévenir toute fuite.
Le Mikado
Stéphane Bullion
Stéphane Bullion
Elle décline l'offre et lui explique qu'elle vient de la Lune et que son temps sur terre est compté. Lors de la prochaine pleine Lune, elle devra repartir. Le Mikado n'accepte pas cette issue et ordonne à sa garde de prévenir toute fuite.
Le Mikado - Kaguyahime
Stéphane Bullion-Marie-Agnès Gillot
Mais la pleine Lune apparaît et brille d'un tel éclat qu'elle aveugle l'Empereur et ses gardes, permettant à Kaguyahime de s'élever vers la Lune.
Scène 1. Les citadins. Les villageois, scène 2. Le Mikado, scène 3. L'arrivée des soldats, scène 4. Ascension de Kaguyahime
dimanche 6 juin 2010
La Bayadère
Difficile de revenir sereinement sur cette Bayadère qui a vu la nomination de Stéphane Bullion au titre de Danseur étoile lors de l’ultime représentation de la série. Cette fin en forme d’apothéose venait fort à propos pour couronner la reprise qui avait connu une première semaine en demi teinte pour donner des moments plus intenses dans son dernier élan.
On avait vu par moment des belles choses chez les Nikiya d’Aurélie Dupont, Agnès Letestu, Clairemarie Osta, des belles Gamzatti, Emilie Cozette, Dorothée Gilbert, un beau Solor, Nicolas Le Riche, mais l’alchimie subtile de ce ballet narratif un peu vide avait du mal à prendre et susciter quelques émotions autres que parcellaires, une admiration pour une qualité technique ou une présence scénique de certains de ses protagonistes, mais rarement une impression de quelque chose d’autre, de plus abouti, de plus spontané ou de plus émotionnel.
Le corps de ballet devenait le centre de l’attention montrant une compagnie très homogène au plus haut niveau, des danses de caractère rondement menées et des ombres aux alignements parfaits.
La deuxième semaine présentait des protagonistes aux talents divers qui avec bon nombre de prises de rôles (Jérémie Bélingard, Dorothée Gilbert, Mathias Heymann et Ludmila Pagliero) donnaient un panorama plus novateur et plus excitant aux distributions. Enfin on avait laissé aux lyriques Stéphane Bullion et Delphine Moussin le soin d’assurer la dernière avec en filigrane l’objectif de créer l’émotion.
Le rôle de Nikiya est à l’image de son Solor, un cadeau empoisonné pour les danseuses. Il y manque une progression dramatique claire dans l’histoire et laisse aux danseuses le soin de dessiner un personnage imprécis. La tentation de s’imposer par la démonstration technique n’est cependant pas l’option qui peut faire des grandes Nikiya car il faut également faire ressentir une compréhension des sentiments, une fragilité pour tisser la cohésion de l’histoire et une certaine dose de lyrisme dans le troisième acte qui, dans la version de Rudolf Nouréev, termine l’histoire dans le rêve de Solor. Il requiert des qualités d’interprétation qui ne sont pas valorisantes au premier plan pour la danseuse et nécessite une abnégation qui doit par ailleurs se faire aussi ressentir à travers la danse. Dans ce contexte, Agnès Letestu, Delphine Moussin et Clairemarie Osta sont les plus aptes à restituer le personnage discret et humble d’une Bayadère qui passe d’amours interdits heureux au désespoir de la trahison, puis à l’intemporalité spectrale.
Malheureusement cette année, Agnès Letestu a paru un peu en deçà dans l’investissement scénique et peu soutenu par un Solor inadéquat, elle s’est laissée éclipsée dans ses représentations par une Gamzatti exemplaire, Emilie Cozette. Clairemarie Osta semble moins à l’aise dramatiquement dans le troisième acte où elle n’arrive pas à imposer une représentation touchante de la Bayadère morte mais son personnage doux et très travaillé montre une Bayadère séduisante, peut-être un peu trop modeste, dans les deux premiers actes. Delphine Moussin en revanche, excelle à rendre émotionnelle cette présence spectrale incroyable du troisième acte, malgré une certaine fragilité dans les moments de technique pure. On trouve chez Delphine Moussin une interprétation profonde et très juste, une qualité des bras, en particulier au premier acte, alors que la danseuse sacrée illumine la scène et dans la variation de la mort et Nikiya qui émerveillent. Elle a de plus comme Aurélie Dupont avec Nicolas Le Riche, la chance de danser avec un partenaire, Stéphane Bullion, qui a tout compris de l’art de mettre en valeur sa partenaire tout en ne s’effaçant pas lui-même. Cela renforce la qualité et le lyrisme des pas de deux que Stéphane Bullion et Delphine Moussin portent au sommet d'une émotion fusionnelle dans le troisième acte.
Aurélie Dupont comme Dorothée Gilbert est sans doute plus une Gamzatti, mais le ballet ne s’appelle pas La Fille du Rajah et toutes les danseuses veulent accéder au rôle de Nikiya. C’est d’autant plus dommage que cette série n’a offert que cinq Gamzatti, comme il est regrettable que le retrait de Marie-Agnès Gillot, tardif il est vrai, ait profité à Clairemarie Osta plutôt qu’à une nouvelle interprète. A cette occasion, tant sur Gamzatti que sur Nikiya, qui avait déjà souffert de la blessure d’Isabelle Ciaravola (remplacée par Dorothée Gilbert), on a senti une étroitesse dans le choix des interprètes féminines du ballet.
Si Dorothée Gilbert s’impose techniquement en Gamzatti, elle manque encore un peu de subtilité pour dresser le personnage ambigu de la princesse trahie, alors qu’Emilie Cozette a fouillé une interprétation d’une rare perfection. Elle a ainsi présenté une princesse séductrice, forte mais pas détestable qui a réussi à émouvoir dans sa déception et son ressort pour se venger. Le relief donné à son personnage dans ses rapports à la fois avec Nikiya et Solor a réellement imposé la danseuse dans ses soirées. Les trois autres Gamzatti, Mélanie Hurel, Ludmila Pagliero et Stéphane Romberg, ont presque refusé de prendre la chance que ce rôle offre aux danseuses d’imposer une présence et donner un peu de crédibilité à l’histoire. Stéphanie Romberg avait bien commencé en semblant refusé Solor à la vue de son portrait mais a manqué de nuances dans ses rapports avec Nikiya.
Le rôle de Solor est également un beau rôle pour un danseur mais il est très typé et on comprend à peine qu’on puisse y distribuer certains danseurs. Mathias Heymann dont la pyrotechnie exceptionnelle peut à la rigueur donner le change malgré un sentiment de négation de l’histoire passe encore, mais José Martinez ou Karl Paquette on paru trop passifs et effacés pour donner la réplique à leurs Nikiya et leurs Gamzatti. Certes, le guerrier est prince, mais l’histoire et la chorégraphie nécessitent une "niak" que l’on ne trouve pas chez ces danseurs, et les danseurs "voyous" s’y retrouvent bien plus à l’aise.
Au jeu de la présence scénique, difficile de rivaliser avec Nicolas Le Riche même si on a ressenti un automatisme qui nuit à l’émotion et une petite limite technique dans la dernière variation flamboyante de Solor. Jérémie Bélingard a été un peu inégal, mais il faut le dire à un niveau tellement excellent qu’on aurait peine à le critiquer plus avant. Très brillant dans sa prise de rôle où il ne rendait rien à Mathias Heymann d’un point de vue pyrotechnique, il a semblé un peu éteint dans sa dernière représentation, également au point de vue du jeu. Or la qualité du jeu de Solor est somme toute le fil rouge de l’histoire. C’est pour cette raison qu’on attend beaucoup des progrès que pourraient faire Mathias Heymann dont la danse est merveilleuse mais la présence scénique hors bondissement est plutôt à travailler, surtout qu’il n’avait pas en Dorothée Gilbert une Nikiya qui pouvait amortir en subtilité et nuance, un malaise interprétatif.
C’est bien sûr dans ce domaine que Stéphane Bullion impose un Solor impérial avec cette possession de l’art de l’intrigue dont il a fait sienne la spécialité. Mais Solor n’est pas pour lui uniquement un moyen de tirer une histoire à lui, c’est aussi le rôle idéal pour montrer sa puissance physique, aussi bien dans les détails ciselés des pas de deux du troisième acte que dans le Grand pas du deuxième qui semble presque être le moment parfait pour montrer son impressionnante élévation et sa dynamique musicalité. Sa manière de s’approprier la chorégraphie montre à travers sa danse comme son interprétation, le dualisme d’un homme à la fois décider à épouser la superbe Gamzatti sans hésitation, mais qui dévoile son côté rêveur lorsqu’il voit de nouveau Nikiya. Il est progressivement mal à l’aise lors de la variation de la mort de celle-ci et profondément bouleversé à la fin, alors qu’il vient d’établir son bonheur dans la coda triomphale avec Gamzatti.
C’est également un rôle où il est à l’aise techniquement et où sa puissance phénoménale rend assez spectaculaire la dernière variation des doubles assemblés, dont le brio a été un peu écorné par la plupart des autres danseurs. Si dans l’absolu, on ne sait pas trop quoi penser de cette variation incroyablement difficile placée à l’ultime fin du ballet, il faut bien dire que lorsqu’elle est impressionnante, on en reconnaît les mérites du spectacle.
Stéphane Bullion en a récolté les lauriers et son couronnement quelques minutes après cette démonstration de beauté et de puissance n’en est que plus évident.
Delphine Moussin et Stéphanie Romberg accompagnent Stéphane Bullion dans les images de cette recension.
Tx JJ
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